La chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Dijon "a confié de nouvelles investigations à un juge d'instruction de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire, ndlr) concernant les emplois du temps de personnes déjà condamnées pour des faits similaires", a indiqué le parquet général dans un courriel transmis à l'AFP, sans plus de précision.

Ce arrêt est conforme aux réquisitions du ministère public, qui avait demandé que l'affaire ne soit pas classée.

Virginie Bluzet avait disparu le 7 février 1997 à Beaune (Côte d'Or). Elle avait été retrouvée morte le 17 mars de la même année dans la Saône, à Verdun-sur-le-Doubs (Saône-et-Loire). Elle était menottée, ligotée et bâillonnée.

Les circonstances du meurtre n'ont jamais été établies. Un ami avait été mis en examen mais il avait bénéficié d'un non-lieu.

Pascal Jardin, l'autre piste

"Nous sommes très heureux de cette décision", a commenté auprès de l'AFP Didier Seban, qui représente la famille Bluzet. "On nous a donné raison sur les deux pistes: Pascal Jardin et Michel Fourniret", a-t-il ajouté.

Pascal Jardin a été condamné à la perpétuité en 2017 pour le viol suivi du meurtre de 123 coups de couteau de Christelle Blétry, en 1996 à Blanzy, également en Saône-et-Loire. Il avait vu sa peine confirmée en appel le 3 octobre 2018.

"Il n'y a que quelques semaines entre les meurtres, dans la même région, de Christelle Blétry et de Virginie Bluzet. Elle travaillait dans un restaurant où il arrivait à Pascal Jardin de livrer de la nourriture surgelée. Il paraît évident qu'il faut fouiller cette piste", a ajouté Me Seban, qui défend également les intérêts de l'association Christelle de Blanzy, réunissant des familles victimes de crimes non résolus.

Quant à la piste du tueur en série Michel Fourniret, "il se rendait régulièrement en Bourgogne et on a des dizaines d'ADN dont on demande qu'elles soient comparées". "Il est évident qu'il faut s'interroger", poursuit Me Seban.

Aujourd'hui âgé de 78 ans, "l'Ogre des Ardennes", condamné à la perpétuité incompressible pour les meurtres de sept jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, a avoué en mars dernier sa responsabilité dans l'affaire Estelle Mouzin, une fillette disparue à l'âge de 9 ans en 2003.

L'affaire Virgine Bluzet fait partie des dossiers dits des "disparues de l'A6": une série d'homicides perpétrés en Saône-et-Loire dans les années 1980 et 1990, dont certains toujours non élucidés.

Outre Christelle Blétry, il s'agit de Sylvie Aubert, étranglée en 1986, Nathalie Maire, étranglée en 1987, Carole Soltysiak, violée et tuée en 1990 et Vanessa Thiellon, droguée et battue à mort en 1999.