Un coup de théâtre signé...René Michaux

Faits divers

Philippe Boudart

Publié le

Un coup de théâtre signé...René Michaux
© Demoulin
L'ex-gendarme livre un nouveau témoignage sur la mort de Julie et Mélissa

ARLON "En raison de la publicité des débats qui pourrait porter atteinte à la vie privée des victimes, la cour d'assises a décidé de donner suite à la demande formulée par la défense de la famille Marchal." Voilà l'arrêt qui a été lu hier matin par le président Goux. Le huis clos était prononcé. Le public et les journalistes étaient invités à quitter la cour d'assises.

Il est vrai que le contenu des débats s'est révélé particulièrement pénible. Les médecins légistes ont fait état de leur rapport résultant de l'analyse des dépouilles mortelles de Julie et Mélissa, et d'An et Eefje.

L'audition n'a pas permis aux médecins de se mettre d'accord sur un point, à savoir les abus sexuels commis au préjudice de Julie et Mélissa. Certains des experts soutiennent que les fillettes ont été victimes d'agressions sexuelles alors que les autres considèrent en revanche qu'il est impossible d'affirmer cette hypothèse.

A la pause du déjeuner, les avocats ont adopté des attitudes radicalement opposées. Si Mes Beauthier et Magnée ont tenu à garder le silence, d'autres ont dénoncé le comportement révoltant de Marc Dutroux. Une fois de plus, il a joué le rôle de celui qui veut la vérité en posant des questions et exposant ses avis et opinions. Un comportement qui exaspère Michelle Martin, selon ses avocats.

Tout au long de l'instruction, on sait que Dutroux a soutenu que Julie et Mélissa étaient encore en vie lorsqu'il est sorti de prison, en mars 1996. Il avait expliqué qu'il avait tenté de sauver les fillettes en leur donnant à boire avec des biberons car elles ne buvaient plus. Il avait aussi ramené des fortifiants de la pharmacie. Mais toutes ces manoeuvres présumées n'avaient pas permis de sauver Julie et Mélissa. Et puis, au début du procès, Dutroux a retourné sa veste en affirmant que les fillettes étaient déjà mortes et qu'il avait menti pour couvrir Martin.

Hier, le nutritionniste a déclaré que la survie des fillettes dans la cache était impossible en raison du manque d'approvisionnement d'eau. Selon lui, il aurait fallu 150 litres d'eau pour chacun des enfants pour envisager une fin moins dramatique.

D'autre part, en toute fin d'audience, l'accusation a fait état d'une nouvelle déclaration de l'ex-gendarme René Michaux. Celui-ci soutient avoir eu une conversation avec un ancien compagnon de cellule de Daniel Pinon, le frère de Gérard Pinon, qui lui aurait avoué que ce dernier avait enseveli, avec la complicité de Marc Dutroux, les corps de Julie et Mélissa le 25 novembre 1995!

Inutile de dire que cette information a eu l'effet d'une bombe. M. Andries a déposé une note de synthèse à toutes les parties et a d'ores et déjà annoncé qu'un P.-V. avait été rédigé.

Ce nouvel élément implique évidemment que des témoins supplémentaires vont venir s'ajouter à la déjà très longue liste. A la sortie d'audience, Me Magnée a précisé que le procès ne faisait que commencer et que Marc Dutroux avait encore énormément de choses à révéler dans ce dossier. Suite ce lundi.

© La Dernière Heure 2004

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