Un dentiste de 76 ans et son épouse de 79 ans ont été victimes d’un home-invasion la nuit de mercredi à jeudi à leur domicile privé dans la commune de Grand-Bigard (Brabant flamand) proche de la Région bruxelloise.

Bernard Claessens, réveillé dans son lit à 3h30 du matin, a été maîtrisé par des individus encagoulés et armés au moins d’un pistolet et d’une mitraillette, entravé, ligoté, giflé, frappé, battu, pendant une heure et demie par les auteurs qui exigeaient qu’il leur remette tout son argent ainsi que la réserve d’or à usage dentaire.

L’immeuble a été complètement fouillé, y compris l’atelier et jusqu’aux greniers. Le dentiste nous a expliqué qu’il a ignoré pendant l’heure et demie si son épouse Simone, maintenue dans une autre pièce, subissait des sévices et était en vie.

Grand-Bigard n’est guère éloigné de Wemmel et le souvenir est resté vif de la tuerie de cette famille d’avocats dont les auteurs ont été condamnés mardi à des peines n’excédant pas 29 ans de réclusion.

Le couple a été sauvé par… les habitudes professionnelles très matinales du dentiste. À bientôt 77 ans, Bernard Claessens reçoit ses premiers patients à… 5 h du matin.

À 5 h, les auteurs étaient toujours présents. Le dentiste toujours entravé continuait de subir toutes les brutalités et de recevoir des coups au visage. Mais il savait qu’un patient allait s’installer dans la salle d’attente. Le patient a entendu les coups et les cris; il s’est encouru du cabinet et a prévenu la police. "C’est ce patient qui nous a sauvés", confie Bernard Claessens qui ajoute : "À Wemmel, ils ont tué. Mon épouse et moi sommes toujours en vie. Je suis content d’être vivant. Tout est à terre mais nous allons nous y mettre, ma femme et moi. Et j’ai deux bras. Je vais retravailler comme je l’ai toujours fait."

Selon le dentiste , les malfrats, au nombre minimum de trois, étaient équipés de talkies-walkies et communiquaient entre eux en langue arabe - "Je suis formel". Mais s’adressaient à eux en français.

Parce que monsieur… ronfle, Bernard et Simone font chambre à part. Bernard ajoute : "Et je dors tout nu dans mon lit…"

Voilà donc dans quel état il se trouvait. Ils l’ont ligoté avec du ruban adhésif. Ils voulaient l’argent, "tout l’argent […] Peu importe ce qu’ils trouvaient, ce n’était jamais suffisant, il leur fallait plus. Et ils me frappaient constamment. J’étais très inquiet pour ma femme que je n’entendais pas. Ils ont pris la recette, peut-être 1.000 €."

Ils étaient persuadés qu’un dentiste aurait bien davantage. Et surtout… une réserve d’or.

"J’emploie un technicien : je leur ai proposé de fouiller son atelier. Mais où mettait-il son or ? Je répondais : Je l’ignore, c’est son rangement, son univers. Lui sait . Peut-être au grenier. "On est montés. Ils ont fouillé dans les décors de Noël. Puis encore un coffre où je savais qu’il n’y aurait rien. Je leur disais : Vous pouvez me tuer : vous ne trouverez rien parce qu’il n’y a plus rien."

Et il zieutait l’horloge. 4h35. À 5 h arriverait le premier patient.

Par où et comment les malfrats ont filé reste mystérieux. "Ils étaient entrés en forant un trou dans la serrure de la cuisine. Sans bruit aucun."

Dix minutes pour se défaire des liens. Puis Bernard s’est porté au secours de sa femme. Le couple est marié depuis 44 ans. Il ne pensait plus qu’à elle. "Ils ne lui avaient rien fait. Ils ont pris son iPhone mais mon épouse dit qu’ils étaient même assez gentils avec elle. Qu’ils venaient s’assurer qu’elle allait bien."

Le iPhone a émis un signal au Heysel : une bande bruxelloise !

Parmi l’argent volé, un ancien billet de 2.000 francs belges avait énormément de valeur à leurs yeux. Ce billet se trouvait dans les poches d’un des enfants quand celui-ci s’est tué dans un accident de moto.