Deux ans de prison ferme ont été requis contre deux de ses agresseurs.

Le 8 juin 2017, le directeur de l’école de Trivières (Hainaut) avait été agressé par l’oncle d’un élève. Ce dernier avait débarqué dans son bureau accompagné d’un frère.

Ce lundi, Emran a expliqué son geste violent devant le tribunal correctionnel de Mons… "Nous avions appris, deux de mes frères et moi, que notre neveu s’était fait agresser. Il était blessé à l’arcade sourcilière et l’école n’avait même pas appelé d’ambulance. Nous nous sommes rendus à l’école. Le but était de discuter, car ce n’était pas la première fois que notre neveu était malmené. Lorsque nous sommes arrivés près du bureau du directeur et que nous avons voulu rentrer, nous nous sommes rendu compte que son bureau était fermé à clef. Ce qui est quand même spécial. Ensuite, je reconnais l’avoir agrippé par le cou. Mais je ne l’ai pas frappé."

Selon le directeur, l’agression aura été plus violente, du moins verbalement. L’homme à la tête de l’école communale a, en effet, affirmé avoir été traité de "sale Belge".

Le directeur n’était pas présent lors de l’audience mais sa défense était assurée par Me Discepoli. Ce dernier a demandé un dédommagement de 5 000 euros. "Mon client qui avait fait le nécessaire pour l’enfant avant que la maman n’arrive a subi une incapacité de travail de 21 jours. Il ne voulait en outre pas retourner dans cette école. Il a donc été muté. À la veille de ses 50 ans, il donne cours à des enseignants. Or, il adorait diriger cette petite école…"

Le ministère public estime qu’il faut retenir la préméditation dans le chef des trois frères. Il demande 18 mois ferme à l’encontre d’un prévenu (qui avait fait chuter, en le poussant, le papa de l’enfant qui avait agressé son neveu) et 24 mois ferme pour les deux autres qui avaient débarqué dans le bureau du directeur.

L’avocat des trois prévenus, Me Puccini, espère que ses clients bénéficieront de la suspension du prononcé. "Ils n’ont pas d’antécédent. Deux d’entre eux travaillent et l’un a à peine 27 ans. Ils ont reconnu les faits et sont conscients que leur réaction a été démesurée."