"Jonathan Daval n'existe pas, il n'existe qu'en fonction du regard des autres", a relevé le psychologue Tony Arpin. Il a une "personnalité caméléon", "une mauvaise image de lui-même" et "donne à paraître ce qu'on veut qu'il soit", a poursuivi l'expert qui l'avait rencontré trois mois après son interpellation pour le meurtre de sa femme Alexia en octobre 2017.

L'expert va plus loin en soulignant que l'accusé n'est "pas un homme, c'est un enfant". "Il ne peut pas prendre des responsabilités", ce que lui reproche sa femme, "donc il fuit".

Le soir du meurtre, Jonathan Daval a expliqué qu'il avait eu une dispute avec Alexia au sujet de son comportement. Il a reconnu l'avoir violemment frappée et étranglée.

"Il était prêt à supporter beaucoup de choses, mais un mot, une parole a sûrement déclenché toute cette fureur qu'il avait en lui depuis longtemps", estime Tony Arpin.

S'il sent qu'une situation va "lui échapper, il peut avoir des réactions tout à fait impulsives et non maîtrisées, c'est la faille narcissique", ajoute-t-il.

Un des avocats de l'accusé, Me Randall Schwerdorffer, évoque un possible "effet cocotte-minute" que l'expert juge "tout à fait envisageable".

Enfant chétif et fragile, touché par d'importants problèmes de surdité et par un retard de parole jusqu'à l'âge de 5 ans, Jonathan sera un adolescent fragile, brimé par ses camarades quand il devra porté un corset pendant deux ans en raison d'une scoliose.

Il souffre de la perte de son père, avec lequel il ne vivait pas, à l'âge de 12 ans. A cette époque, il développe des troubles obsessionnels compulsifs, une affection souvent liée à des agressions sexuelles passées. A ce sujet, Tony Arpin estime que Jonathan Daval a ainsi vraisemblablement subi un traumatisme dans sa petite enfance, dont il ne se souvient plus, sans doute d'origine sexuelle.