Frank Van den Bleeken qui est interné sans espoir de sortie depuis trente ans dans une prison belge où il ne reçoit aucun soin de défense sociale, demande à la justice belge de l’euthanasier.

Van den Bleeken , bientôt 50 ans, est enfermé depuis l’âge de 20 ans pour nombreux faits graves de mœurs dont un qui s’est terminé par le meurtre d’une étudiante de 19 ans.

Frank Van den Bleeken reconnaît qu’il est un monstre et annonce que s’il sort, “il recommencera certainement et rapidement”, faute en partie de n’avoir jamais reçu les soins adaptés aux internés. Ces soins sont prodigués aux Pays-Bas mais alors que l’interné demande à être transféré dans une clinique néerlandaise spécialisée, le ministère de la Justice refuse : la loi belge ne permet pas d’extrader à l’étranger des internés. Et Van den Bleeken passe vingt-trois heures sur vingt-quatre enfermé en cellule. “Je ne me sens plus un homme.”

Son avocat Jos Van der Velpen a décidé d’assigner la ministre de la Justice devant le tribunal des référés de Bruxelles et demande que son client, à défaut d’être transféré aux Pays-Bas, soit euthanasié.

Le procès s’ouvre cet après-midi au palais de justice. Le magazine Panorama lui consacre aussi un reportage ce mercredi soir sur Canvas, la chaîne de télé flamande.

Frank Van den Bleeken a demandé l’avis de deux psychiatres indépendants. L’un, la docteur Micheline Roelandt, a répondu :

“Ma réponse à sa demande d’euthanasie est oui : oui sans aucun doute.”

Le second, Wim Distelmans, des Soins palliatifs à la VUB, est plus réservé : la loi euthanasie limite les possibilités aux souffrances extrêmes, alors qu’il s’agit ici d’abord de conditions d’enfermement.