Faits divers Le prévenu a proposé un diagnostic et un traitement alternatif aux parents d'accueil de la petite fille.

Un procès s'ouvrira ce jeudi matin à la 25ème chambre correctionnelle du tribunal néerlandophone de Bruxelles. Un homme de 57 ans, originaire de Beersel, a été déféré par la Chambre du Conseil, pour exercice illégal de la médecine et homicide involontaire d'une fille de 14 ans, en 2015. La victime est décédée d'une tuberculose à l'hôpital universitaire de Gand en mai 2015, deux semaines après avoir été transportée en urgence dans l'institution.

La jeune fille avait été examinée par un médecin généraliste deux mois auparavant. Ce dernier avait prescrit des antibiotiques pour traiter une infection des voies respiratoires et avait recommandé aux parents d'accueil de prendre des photos avec l'enfant. La petite fille avait été placée par le Service de tutelle du SPF Justice depuis 2006, car elle était entrée dans le pays en tant que mineure non accompagnée.

La famille d'accueil, originaire de Herzele, avait d'abord demandé l'avis de l'accusé, qui travaillait comme ostéopathe à Beersel, et à qui elle rendait régulièrement visite. Le prévenu a suggéré un diagnostic et un traitement alternatif. Les parents d'accueil ont alors suivi ses conseils. 

Selon la plainte, la jeune fille aurait pu être sauvée si elle avait été traitée correctement et si les conseils du médecin généraliste avaient été suivis. Le procureur du Roi a exigé un juge d'instruction qui a confisqué les dossiers médicaux de la jeune fille et nommé un médecin pour les examiner. Le ministère public a estimé que l'examen avait fourni suffisamment de preuves contre l'accusé. 

L'accusé n'était, en réalité, pas autorisé à exercer la médecine et avait fait des diagnostics alternatifs. Il évoquait notamment une infection à l'amiante, une dépression ou encore une immunité réduite. L'ostéopathe avait utilisé des moyens homéopathiques pour intervenir. Des traitements qui ont empêché de détecter et traiter la tuberculose à temps. Bien que la jeune fille ait continué à perdre du poids et ait eu une forte fièvre pendant des semaines, l'homme a continué à rassurer les parents d'accueil. Il leur a expliqué qu'il s'agissait de signes que son traitement avait réussi.

"Les parents d'accueil ne se sont pas portés partie civile dans cette affaire, ils se sentent comme une victime du litige entre deux types de médecine, la médecine classique et l'homéopathie. L'accusé conteste les faits. Il ne pense pas avoir fait quoi que ce soit de mal", précise le parquet de Hal-Vilvorde.