Tout commence en 2004. Georges Vernaeve recouvre sa liberté après avoir été condamné en 1995 à huit années d’emprisonnement pour des attentats à la pudeur et des viols en série commis sur pas moins d’une dizaine de jeunes mineurs.

À l’époque, celui qu’on décrit comme un "délinquant polyvalent à la personnalité psychopathe" sort donc de prison après avoir purgé sa peine jusqu’au bout et ne fera en conséquence pas l’objet du moindre suivi, comme cela aurait été le cas s’il avait bénéficié d’une libération conditionnelle.

Résultat ? Celui qui se fera dorénavant surnommer Fred s’en prendra aussitôt à deux demi-frères dont l’un n’est autre que son beau-fils... Et il aura encore fallu qu’une dizaine d’années s’écoule avant que trois victimes - sur une dizaine - brisent le silence grâce à l’un de leurs amis.

Respectivement âgés de 17 et 18 ans, Stéphane (prénom d’emprunt) et Jonathan nous dévoilent aujourd’hui comment le pédophile s’y est pris pour abuser d’eux. Voici leurs témoignages interpellants.

"J’avais sept ans. Une nuit, j’avais fait pipi au lit et Fred l’avait vu le lendemain. Il m’avait dit que ce n’était pas grave et que cela pouvait arriver. Ma mère était partie le soir au bistrot et n’était rentrée que le lendemain. Non pas parce qu’elle travaillait, mais parce que c’est une alcoolique. Ce soir-là, il avait alors commencé à me montrer ce qu’était la masturbation", se souvient Stéphane.

"Je ne voyais pas le mal. Cela m’intéressait. Il m’avait toujours dit qu’il ne me forçait pas, que si je lui disais oui, c’était oui, et que si je lui disais non, c’était non, mais comme j’étais intéressé, cela a continué. On s’est branlé mutuellement. Ma mère n’était jamais là. Si elle était présente, elle était bourrée et dormait. Cela s’est ensuite poursuivi avec des fellations mutuelles. Cela se passait neuf à dix fois par mois. Fred a continué jusqu’à mes treize ans. Quand j’ai commencé à avoir des poils, il m’a rasé. Mais quand ils ont repoussé, tout cela a cessé. Il n’y a jamais eu de pénétration avec Fred et il ne s’est jamais montré violent."

Et Jonathan d’embrayer : "Nous avons le même père et nos mères sont sœurs. J’allais le week-end chez Stéphane parce que je n’avais pas de très bons rapports avec mes parents, surtout avec ma mère. Cela me permettait de souffler un peu, de manger à ma faim et d’avoir un peu d’attention. Mal placée peut-être, mais de l’attention quand même. Lorsqu’est venu le moment de la douche, Fred a dit que, pour aller plus vite, c’est lui qui allait nous laver."

"Sur le coup, cela m’a paru normal. Je me suis ensuite retrouvé en caleçon dans le lit. Puis, une caresse sur les fesses, sur la cuisse et, voilà, c’est parti. J’avais neuf ans la première fois. Je ne connaissais pas. J’étais jeune et j’avais envie d’expérimenter."

Dans la foulée, Fred incitera Stéphane et Jonathan à avoir des relations sexuelles entre eux et les photographiera à de multiples reprises.

Des " souvenirs" sur lesquels apparaissent d’autres petites victimes - que les demi-frères fréquentaient notamment aux scouts - et que le pédophile a précieusement conservés tout ce temps sur le disque dur de son ordinateur... jusqu’à ce qu’ils soient saisis par les enquêteurs.

Âgé de 53 ans, Georges Vernaeve s’en prenait actuellement à un enfant de neuf ans avant... d’être incarcéré en date de vendredi passé.