Faits divers En 2018, le Collectif contre l’islamophobie en Belgique (CCIB) a ouvert 80 dossiers pour islamophobie. C’est 10 % de plus qu’en 2017.

Bien que l’islamophobie ait diminué en 2017 et 2018 (par rapport à son niveau de 2016, lié notamment aux effets post-attentats), elle reste quand même très élevée par rapport aux autres années, ce qui représente concrètement en 2017 et 2018 au moins un acte islamophobe tous les deux jours, note le CCIB.

Dans la grande majorité des cas (77 %), la victime d’agressions islamophobes est une femme.

La région bruxelloise comptabilise le plus grand nombre de plaintes (38 % des faits dénoncés). Vient ensuite la Wallonie (31 %) des cas, puis la Flandre (10 % des cas). 19 % des signalements concernent des insultes ou menaces proférées sur Internet.

77 % des attaques islamophobes concernent des particuliers et 4 % des lieux religieux ou communautaires.

Ces chiffres ne représentent que la partie émergée de l’iceberg, estime le CCIB. "Chaque dossier est une histoire spécifique, qui met en évidence le parcours d’une personne qui se retrouve blessée, stigmatisée, harcelée, discriminée, insultée ou violentée. À chaque fois, ce sont des intimités qui sont abîmées. Parmi ces personnes, soulignons que nombreuses sont des femmes, ce qui constitue sans conteste une spécificité de l’islamophobie. De plus, au-delà des conflits interpersonnels, l’islamophobie est devenue aussi un moyen pour des groupes xénophobes ou même pour des formations politiques d’engranger des points en polarisant leur discours, en stigmatisant une partie de la communauté belge et en montant les gens les uns contre les autres, alors que les citoyens musulmans aspirent à vivre en paix et en sécurité dans leur quartier, dans leur ville, dans leur pays", déplore l’association.