Eerdekens, membre de la commission Dutroux

La libération de Michèle Martin au terme seulement de 15 ans de réclusion est de nature à perturber la société belge. L’encre du jugement du tribunal d’application des peines est à peine sèche que déjà ça s’agite dans le bocal politico-médiatique. D’emblée, le député libéral Denis Ducarme veut relancer le débat sur les peines incompressibles.

Le député-bourgmestre Claude Eerdekens, naguère membre de la commission Dutroux, estime “dommageable” cette décision de justice : “Si Michèle Martin n’a pas participé directement à l’enlèvement, sans sa passivité coupable jamais Julie, Mélissa et les autres enfants n’auraient perdu la vie. Quand on voit le drame et l’émotion que cette tragédie a provoqué, jamais je n’aurais libéré Michèle Martin, eu égard à la gravité et à la symbolique des faits. Ça, c’est mon regard de citoyen lambda, de politicien. En tant qu’avocat, je ne peux que respecter une décision d’un juge prise en fonction de l’arsenal législatif existant. La Constitution réserve au pouvoir judiciaire le soin de juger les crimes. Et les parties civiles ont droit de faire entendre leur voix. Les décisions de justice, on les aime ou on ne les aime pas. Elles peuvent engendrer un sentiment de vengeance chez les victimes, dans le public, c’est humain. Mais elles sont là.”

Le député andennais ne plaide pas pour l’instauration dans notre pays de peines incompressibles ou d’une libération possible seulement aux deux tiers de la peine :

“Ça ne sert à rien. Dans les pays où les peines incompressibles sont en vigueur, les sentences prononcées sont beaucoup plus légères que chez nous pour un fait équivalent. Si on change la loi belge, les juges auront la main moins lourde”, conclu Claude Eerdekens.



© La Dernière Heure 2011