Faits divers Ils s’opposaient à la présence des partis politiques dans le défilé, dénonçant une récupération politique.

Une soixantaine de manifestants ont été exclus par la police de la Belgian Pride qui se tenait dans les rues de Bruxelles samedi après-midi. Il s’agissait de militants issus de trois associations : Reclaim the Pride, Queers support the migrants et le collectif de lutte trans. Ces derniers, venus montrer leur soutien envers les personnes LGBTQIA (lesbiennes, gay, trans, queer, intersexes, asexuelles), ont été obligés de suivre la Pride à distance. La police a également fait usage de gaz lacrymogènes.

"Le cortège n’avait même pas encore démarré quand des policiers nous ont exclus de la marche. Un des groupes concernés portait un cercueil représentant les personnes LGBTQIA et les travailleurs et travailleuses du sexe qui ont été tués ces dernières années. On comptait dire leurs noms en défilant. Une policière a détruit le cercueil. Tout ce que l’on voulait, c’était défiler. Il n’y avait pas d’éléments qui pouvaient montrer que l’on allait gêner le déroulement de la marche", explique Léon (nom d’emprunt), l’un des manifestants écartés.

La présence controversée d’un char de la N-VA à la Pride ne serait pas étrangère aux mesures prises par la police. L’association Reclaim The Pride s’est en effet montrée très réticente vis-à-vis de la présence d’un char de la N-VA à la Pride. La veille de la marche, elle s’était opposée à la présence des partis politiques lors de la marche.

"Nous voulons que les partis politiques expriment leur voix tout au long de l’année dans les parlements et les comités, plutôt que pour les médias et les élections. Trop d’enfants ont été mutilés de peur d’un genre non défini, trop de travailleuses du sexe sont oubliées par la loi. Nous demandons aux partis politiques de prendre des mesures énergiques et immédiates concernant les droits des personnes LGBTQIA + et les travailleurs du sexe, et de se tenir à l’écart de la marche dès l’année prochaine", a indiqué l’association dans un communiqué la veille de la marche.

"Selon moi, la N-VA n’a pas sa place à la Pride. Ce parti n’a pas de problème à participer à des coalitions européennes avec des partis LGBTQIphobes et fascistes et son programme concernant les LGBTQI est ridiculement lapidaire et vague, prouvant qu’il n’en a rien à faire de nous si ce n’est pour nous instrumentaliser", estime Léon.

Une fois le défilé terminé, la police a fait quitter les activistes un à un, après vérification de leur identité. Les personnes qui avaient souffert des gaz lacrymogènes ont reçu du sérum physiologique pour se nettoyer les yeux et le visage.

"Les policiers ont pris une photo de ma carte d’identité avec leur smartphone et m’ont finalement laissé partir, comme tous les autres manifestants qui étaient confinés."