Faits divers

La défense d’Unia était la dernière partie civile. Dès lundi, les procureurs fédéraux dresseront leur réquisitoire.

Comment se fait-il que, quand l’on discute avec des personnes dans la rue, autant de personnes restent convaincues que Mehdi Nemmouche n’est pas l’auteur de la tuerie au Musée juif ? C’est notamment à cette question que les avocats d’Unia (le nouveau nom du Centre interfédéral pour l’égalité des chances), partie civile au procès du Musée juif, ont tenté de répondre en plaidoirie.

Car, pour Mes Dounia Alamat et Christophe Marchand – comme pour toutes les parties civiles au procès et le ministère public – les preuves qui pointent vers Mehdi Nemmouche sont innombrables et absolument accablantes. Pour Me Alamat, c’est sans doute la défense hors norme, qui s’inscrit dans les théories complotistes très en vogue, qui explique les doutes d’une partie de la population.

Ces théories du complot, a poursuivi M e Alamat, sont véhiculées par la défense de Mehdi Nemmouche. Elle affirme que les avocats de l’accusé ont construit un personnage de victime, seule contre tous “comme un preux chevalier, jusqu’au-boutiste et fougueux”.

Les deux avocats ont aussi fustigé le positionnement de Nemmouche qui se dit contraint au silence alors que c’est un choix délibéré.

Me Christophe Marchand s’en est particulièrement pris aux défenseurs de Mehdi Nemmouche qui, en livrant sa théorie complotiste, seraient tombés dans un antisémitisme primaire. Me Marchand s’est dit “sidéré”, par l’acte de défense, “construit au cœur du complotisme antisémite”.

Selon l’avocat, tous les éléments qui ont été présentés, ont été annihilés par les débats. Pour M e Marchand, les avocats de Mehdi Nemmouche “ont essayé de nous vendre quelque chose qui ne tient vraiment pas la route”. Mais, a-t-il ajouté, “ma conviction, c’est qu’ils le savent. Et qu’ils savent que vous savez”. Mais ils continuent néanmoins car “ils s’adressent à l’ensemble de la population, au-delà du jury, pour monter les communautés les unes contre les autres, en disant ‘c’est encore un complot juif’”.