Le pédophile a-t-il pu s'en procurer en prison?

LILLE La ministre française de la Justice Rachida Dati a annoncé dimanche qu'une enquête judiciaire était en cours pour découvrir comment le pédophile qui a enlevé et violé le petit Enis mercredi à Roubaix avait pu se procurer du Viagra.

Cette enquête va vérifier si une ordonnance médicale a été délivrée à Francis Evrard, a précisé la garde des Sceaux lors d'un déplacement au tribunal de grande instance de Lille où elle a rencontré des acteurs du plan alerte enlèvement qui a permis de retrouver le garçonnet.

Selon deux quotidiens parus samedi, le pédophile récidiviste aurait avoué aux enquêteurs s'être fait prescrire ce médicament contre les troubles de l'érection. Mais les versions divergent ensuite : pour Le Parisien/Aujourd'hui en France, il aurait eu une ordonnance du médecin de la prison, tandis que pour Le Figaro, c'est le médecin chargé de le recevoir dans le cadre de son suivi judiciaire qui le lui aurait prescrit à sa sortie de prison.

L'avocat du pédophile, Me Jérôme Pianezza, a de son côté confirmé que son client était en possession de Viagra au moment de son arrestation. "Sur l'affaire du Viagra, la lumière sera faite", a assuré la ministre, rappelant qu'"en détention, on ne peut recevoir des ordonnances médicales" et que "tout ça n'est pas avéré".

Rachida Dati a également rappelé sa volonté de "s'attaquer encore plus durement à la délinquance sexuelle et à la récidive", en accélérant notamment la mise en place de moyens pour la prise en charge thérapeutique des délinquants sexuels. "La récidive, ça veut dire que la sanction est un échec", a souligné la ministre, pour qui la réunion au tribunal de grande instance de Lille doit permettre "de voir ce qui a pu échapper dans le cadre de la vigilance et la surveillance d'un détenu condamné pour des crimes sexuels".



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