La ministre de l'Intérieur a envoyé une lettre aux autorités locales


BRUXELLES La ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet, a envoyé une lettre aux autorités locales pour leur demander de suspendre le policier impliqué dans le décès de Jonathan Jacob dans une cellule de la police locale de Mortsel et renvoyé devant le tribunal correctionnel ou d'envisager, le cas échéant, d'autres mesures d'ordre, a-t-elle indiqué dans un communiqué. Les autorités locales sont seules compétentes dans ce cas en matière disciplinaire, a-t-elle précisé.

Mme Milquet s'est dite "choquée" par les images diffusées jeudi soir sur la VRT dans le cadre de l'émission Panorama. Elle a demandé au Comité P de préparer des recommandations en vue de compléter les directives opérationnelles pour les policiers qui sont confrontés à de telles situations et de proposer d'adapter en conséquence les formations à la maîtrise de la violence.

"Il est vrai que lors de certaines interventions, les aspects médicaux, voire d'ordre psychiatrique ou de dépendance à des produits stimulants, doivent être judicieusement pris en compte par tous les acteurs sur le terrain, toutes disciplines confondues, afin d'adopter une attitude d'intervention la plus adéquate possible", a-t-elle souligné.

Mme Milquet plaide dès lors pour une optimalisation de la collaboration entre la psychiatrie, la justice et la police.

Le comité P prépare une enquête

Le comité P ne mène pas encore d'enquête à propos des violences policières qui ont eu lieu à Mortsel. Cette enquête est dans une phase préparatoire, a expliqué Diane Reynders, membre du comité de contrôle des services de police. L'Insepection générale de la police s'est par ailleurs saisie des faits, a-t-elle ajouté.

"La violence policière excessive est un phénomène sous-estimé"

Des leçons doivent être tirées des violences policières ayant entraîné la mort d'un détenu à Mortsel, estime vendredi la Ligue des Droits de l'Homme flamande. "Parce que la violence policière excessive est un phénomène sous-estimé", indique-t-elle dans un communiqué.

"Les images renvoient à certains reportages sur la violence policière extrême dans les prisons ou dans les cellules des commissariats de police américaines", ajoute la Ligue des Droits de l'Homme. "Il n'y a pas de qualifications particulières requises, si ce ne sont un minimum d'empathie et un minimum de respect des droits fondamentaux, pour comprendre qu'un malade mental doit être 'traité' de façon différente qu'un preneur d'otages armé par exemple".

Pour la Ligue, les enquêtes sur ce type de violences doivent être confiées à des magistrats d'un autre arrondissement afin d'éviter toute apparence de partialité.

Le Comité P, chargé de contrôler les services de police, doit recevoir davantage de moyens et d'hommes afin d'enquêter sur les cas de violences policières excessives, estime encore l'organisation, qui plaide enfin pour une formation aux droits fondamentaux dans les écoles de police et pour l'enseignement d'un code de conduite clair.

© La Dernière Heure 2013