Les interventions du procureur font désormais l'objet d'une enquête judiciaire

ANVERS Le procureur du Roi d'Anvers, Herman Dams, a admis qu'il avait été contacté personnellement le 6 janvier 2010 car Jonathan Jacob, un habitant d'Affligem âgé alors de 26 ans, ne pouvait plus rester dans la cellule du commissariat de Mortsel.

Les interventions du procureur font désormais l'objet d'une enquête judiciaire, a annoncé mardi le procureur général d'Anvers, Yves Liégeois, lors d'une conférence de presse. "Le procureur Dams parle aujourd'hui de faits et de contacts qu'il n'avait jamais signalés auparavant au procureur général. Il les a seulement évoqués durant l'enquête judiciaire qui a été lancée à la suite d'une plainte des parents de Jonathan Jacob contre un substitut du parquet pour faux en écriture", selon M. Liégeois.
Le substitut a, selon les parents, supprimé une pièce du dossier pénal qui stipulait qu'un médecin avait été requis pour injecter un calmant à Jonathan Jacob, alors que celui-ci était agité. La pièce aurait été remplacée plus tard par un procès-verbal dans lequel il était indiqué que c'était au médecin de décider ou non d'administrer l'injection. La réquisition du médecin était la raison de l'intervention de l'équipe d'assistance spéciale de la police anversoise.

La plainte a fait l'objet d'une enquête approfondie, mais il n'est en rien apparu que des faits punissables avaient été commis et elle a été classée sans suite. Lundi, le procureur général a été mis au courant que le procureur Dams avait été personnellement contacté le jour où Jonathan Jacob était décédé dans la cellule du commissariat après une intervention de l'équipe d'assistance spéciale. "Ces nouveaux éléments peuvent apporter un nouvel éclairage sur l'affaire et doivent être examinés en profondeur", a indiqué M. Liégeois.

Quant au contenu de ces contacts, il n'a pas voulu faire davantage de commentaire mais a toutefois précisé qu'ils se situaient dans la phase précédant l'intervention de l'équipe d'assistance spéciale. "Certaines choses se sont passées en coulisses, dans lesquelles le procureur était personnellement impliqué."

Le fait que le procureur ait caché ces informations durant si longtemps est insensé, selon M. Liégeois, qui qualifie l'affaire de très sérieuse. Le procureur général ne sait cependant pas encore dire si elle aura des conséquences immédiates sur la carrière de M. Dams.

© La Dernière Heure 2013