Demain après-midi, le tribunal de grande instance rend sa décision dans l'affaire Festina

LILLE C'est aujourd'hui, aux environs de 14h, que l'on connaîtra l'épilogue de l'affaire Festina lorsque le président de la 7e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Lille, Daniel Delegove, rendra son jugement.

L'affaire avait éclaté le 8 juillet 1998, avec l'arrestation à Neuville-en-Ferrain du soigneur Willy Voet en possession de plusieurs centaines d'ampoules de substances dopantes.

Mi-juillet, Bruno Roussel, le directeur sportif de Festina, avouera l'existence d'un dopage organisé sous surveillance médicale pour éviter le dopage sauvage des sportifs.

Quant au coureur Richard Virenque, il faudra le deuxième jour d'audience pour qu'il avoue du bout des lèvres avoir fait usage de la fameuse EPO qui augmente la quantité d'oxygène dans le sang et donc les performances. `Le premier qui parle est montré du doigt et devient le tricheur´, avait souligné Me Speder lors de la défense du coureur.

Un procès qui, bien au-delà de l'équipe cycliste Festina, vise le processus de dopage généralisé dans les pelotons. Lors des audiences, la volonté de faire le ménage affichée par les instances, qu'il s'agisse de l'Union cycliste internationale ou de la Fédération française de cycliste, n'a pas franchement convaincu.

Les prévenus dans cette affaire comparaissaient quant à eux pour incitation, facilitation à l'emploi de dopants à l'occasion de compétitions sportives ou en vue de celles-ci, importation en contrebande et transport de marchandises prohibées, acquisition, détention et offre de substances vénéneuses.

Gravement malade Eric Rijckaert, le médecin de l'équipe n'a pas comparu. Il est peu probable qu'il soit jugé un jour vu son état de santé.

Pour ce qui concerne les autres, le procureur du roi, M. Vinsonneau, a souligné l'immense responsabilité des médecins qui connaissaient les dangers des produits dopants et qui étaient loin d'être bénévoles. Quant aux coureurs, ils sont rentrés dans le système sans trop d'état d'âme.

Le procureur a donc requis 18 mois avec sursis et une amende de 50.000FF (7622,45) contre Bruno Roussel, 14 mois avec sursis et 20.000FF (3048,98) contre le soigneur Willy Voet, un an et 10.000FF (1524,49) contre Joël Chabiron, 8 mois et 10.0000FF (1524,49) contre le soigneur Jean Dalibot, 6 mois et 10.000FF (1524,49) contre la pharmacienne Christine Paranier, 4 mois et 10.000FF (1524,49) contre son mari, le comptable Eric Paranier, un an et 20.000FF (3048,98) à l'encontre de D'Hont et 2 mois ainsi que 20.000FF (3048,98) contre le docteur de l'équipe Once, Nicolas Terrados. Par contre, le magistrat n'a pas requis contre Richard Virenque, rappelant qu'il s'était opposé à son renvoi. `Sa complicité dans l'organisation du trafic ne résiste pas à l'examen du dossier. Quatre coureurs l'ont mis hors de cause´. Cependant, le sportif risque d'être sanctionné par les autorités sportives avec une suspension de six mois minimum. L'avocat de Roussel a été le seul a ne pas demander la relaxe pour son client qui paiera sa faute `mais dans le contexte général d'un cyclisme vicié´.