Faits divers

Leur victime s’appelait Mohammed Ezzoubairi. L’univers manga est confirmé par l’enquête

BRUXELLES Six mois après l’arrestation en septembre 2010 à Bruxelles des tueurs au manga dont les identités – Mohamed Atir, Zacharia et Abdessamad Azmi – n’avaient pas été révélées, voici enfin, confirmée par le parquet, celle exacte de la victime de ce meurtre qui avait fait déplacer les médias japonais : M. Mohammed Ezzoubairi avait 26 ans.

L’enquête a pu établir que le suspect principal, Mohamed Atir, 23 ans, baignait complètement dans l’univers manga. Elle a pu enfin localiser les lieux du crime, l’appartement où les tueurs au manga ont massacré la victime “à coups de poing et de chaise” puis dépecé son corps : rue Rubens, à Schaerbeek.

Les morceaux non dissous dans le Destop ont ensuite été transportés à bicyclette, de nuit, dans des sacs-poubelle, à travers la ville, et finalement disposés dans le parc de Forest pour y servir de jeu de piste macabre.

Trois ans après, les policiers ont trouvé les lieux – rue Rubens – dans l’état exact de septembre 2007. Avec toutes les preuves matérielles sous la main : sang, joints et bouteilles vides. Le meurtre s’inscrit en effet dans un contexte lourd d’alcool et de fumette.

Enfin, un seul des trois, Zacharia, nie, malgré les traces nombreuses attestant sa présence.

Quant à l’univers manga, il est confirmé pour l’un des suspects : dix-huit mois après le drame, Mohamed Atir, que personne à ce moment ne soupçonne, participait à une manifestation à Bruxelles ayant pour thème les mangas, la culture niponne et la musique japonaise.

L’affaire des mangas date de septembre 2007. On avait parlé de manga parce que deux feuilles de papier avaient été trouvées près des restes mutilés, sur lesquelles était écrit Watashi wa Kira Dess, la toute première phrase de la série manga Death Note.

Or, le 2 mai 2009, Mohamed Atir est photographié à Animansion, cette convention de la bédé manga organisée au Karreveld, avec en main… Death Note  : un an et demi après le meurtre au manga, Death Note continue de hanter Mohamed Atir.

Sur FaceBook, Atir se faisait appeler Moms’i D. Luffou. Pour opinions religieuses, il affiche : “Adorateur de la femme” ; et pour opinions politiques : PME, “Partisan du Moindre effort” !

Le trio avait rencontré Mohammed Ezzoubairi par hasard deux mois plus tôt lors d’un festival d’été, le festival Polé Polé le 27 juillet 2007 à Zeebrugge.

Au final, l’affaire des mangas se résume à une bagarre sur fond de drogue et alcool : Azmi, Zacharia et surtout Atir demandaient à Mohammed Ezzoubairi, qui refusait, d’aller s’installer ailleurs et trouver un autre squat. Mohamed Atir et Abdessamad Azmi sont amis d’enfance. Bien que présent et ayant participé, Azmi n’a pas eu un rôle moteur. Sauf comme victime.

Azmi qui a 24 ans n’était pas connu de la justice. Selon nos infos toujours, Azmi et Atir subissent en prison, de la part du troisième Zacharia, des menaces de mort qui ont nécessité leur transfert d’urgence de la prison de Forest vers celle de Saint-Gilles.



© La Dernière Heure 2011