Débusqué en juillet 2012, Stephen D., 30 ans, a été condamné en mars 2013 par le tribunal correctionnel de Bruxelles à dix années d’emprisonnement pour avoir violé durant des années plus d’une dizaine d’enfants dont le plus jeune n’avait alors que trois mois et demi.

Jusqu’il y a peu incarcéré au sein de la prison de Saint-Gilles, le pédophile a toutefois dû être transféré la semaine passée vers une autre prison du royaume. Motif ? Stephen D. se faisait tabasser "tous les deux jours" depuis qu’un article de presse émanant de nos confrères de La Capitale et relatant sa condamnation avait été sciemment diffusé à ses codétenus.

Après avoir tenté de se suicider à deux reprises, Stephen D. s’est finalement décidé au début du mois de juillet 2013 à porter plainte auprès des services de police de la zone Bruxelles-Midi. Nous avons eu accès à sa déposition. Le moins que l’on puisse écrire, c’est que son contenu est relativement interpellant.

On y apprend notamment qu’un gardien de prison serait sorti de son rôle pour faire appliquer une justice d’un autre temps… "On est venu me dire qu’un article circulait à mon sujet dans la prison et que, pour raisons de sécurité, je ne pouvais plus travailler au centre médico-chirurgical […] Un gardien a distribué la copie de cet article à tous les détenus […] J’en ai d’ailleurs trouvé une copie jetée au préau […] Apparemment, ce gardien aurait un neveu incarcéré à Saint-Gilles."

Réauditionné courant du mois d’octobre 2013, Stephen D. déclarera que sa situation a empiré depuis son dépôt de plainte. "L’après-midi même où j’ai déposé plainte, j’ai été frappé par un détenu […] J’ai ensuite été frappé par plusieurs détenus au préau. Ils ont mis leur montre dans leur main et m’ont asséné des coups de poing au visage […] J’ai aussi été frappé dans les douches […] Un détenu m’y a agressé avec une lame de rasoir pendant que d’autres détenus me maintenaient les poignets", etc.

"On fait confiance à la justice pour faire la lumière sur cette affaire", commente pour l’heure Laurent Sempot, porte-parole de l’administration pénitentiaire. Contactée dans la foulée, la défense du pédophile, Me Eddy Kiaku, s’est malheureusement refusée à tout commentaire. Au parquet de Bruxelles, la porte-parole, Jennifer Vanderputten, nous a néanmoins confirmé qu’un "dossier" a bien été ouvert pour "divulgation méchante". Et de préciser : "L’enquête est toujours en cours."