Ces députés ne comprennent pas pourquoi aucune enquête interne n'a pas été diligentée dès qu'il est apparu qu'un homme était décédé après son passage dans une cellule de l'aéroport de Charleroi.

"Comme la plupart de mes collègues, je ne suis pas convaincu. Des actes auraient dû être posés immédiatement pour connaître la situation compte tenu des signaux qui étaient émis", a souligné le chef de groupe PS, Ahmed Laaouej.

"Ça me fait penser à cette phrase: circulez, y a rien à voir", a dit pour sa part Vanessa Matz (cdH) qui a dénoncé une "inaction coupable".

"Vous êtes dans le déni de responsabilité", a lancé Hervé Rigot (PS) à M. Jambon.

Un sentiment partagé par Zakia Khattabi qui s'interroge sur la notion de responsabilité politique individuelle en Belgique. Estimant qu'il n'a commis aucune faute, l'actuel ministre-président flamand n'entend pas démissionner. Or, aux yeux de l'écologiste, c'est là que le bât blesse. Elle en a appelé à une définition de la responsabilité ministérielle à l'anglaise.

"En cas de dysfonctionnement en raison de l'application d'une politique il semble normal que la reddition de comptes et la menace de démission pèse sur celui qui définit cette politique et on rétablit la chaîne de responsabilité: les fonctionnaires, les agents sont responsables devant leur ministre, qui l'est lui-même directement devant le Parlement, dont les membres sont eux-mêmes responsables devant les électeurs, mettant ainsi hors jeu les partis et leurs présidents", a-t-elle expliqué.

"Quelle banalisation de la mort d'un homme dans un commissariat", s'est exclamé pour sa part Raoul Hedebouw (PTB).

Aux yeux des communistes, l'absence de souvenir de M. Jambon de cette affaire témoigne d'une "idéologie". "L'idéologie qui régnait chez le ministre et dans la hiérarchie policière, c'est que cette violence était justifiée. Vous ne vous rappelez pas? Ça veut dire que pour vous, c'est tellement banal", a accusé le député.

"Attention aux anachronismes", a averti le chef de groupe N-VA, Peter De Roover.

Le nationaliste ne croit pas aux "clignotants" qui, selon la plupart des députés, auraient dû alerter le ministre. A ses yeux, un acteur aurait dû allumer les "clignotants" quand il a vu les images de l'intervention des policiers maîtrisant M. Chovanec, c'est le parquet, "Il ne l'a pas fait alors que c'était sa mission", a-t-il regretté.