David Trimble acte II

Retour aux affaires annoncé pour l'ex-Prix Nobel de la paix et ex-premier Premier ministre de l'Irlande du Nord

BELFAST Après le début du désarmement de l'Armée républicaine irlandaise (Ira), le Parti unioniste d'Ulster (UUP) a entériné samedi le principe du retour de David Trimble à la tête de l'exécutif biconfessionnel d'Irlande du Nord, confirmant la bonne santé actuelle du processus de paix.

Le dirigeant de l'UUP, un protestant modéré, avait démissionné le 1er juillet dernier du gouvernement de la province, dont il était Premier ministre, pour contraindre l'IRA à désarmer. Les autres ministres de l'UUP avaient fait de même le 18 octobre, menaçant d'effondrement les institutions issues de l'accord de paix du Vendredi saint 1998.

L'annonce par l'IRA de la mise hors d'usage de nombreuses armes confirmée par la Commission internationale indépendante sur le désarmement a relancé mardi dernier le processus.

Mais Trimble, prix Nobel de la Paix, doit obtenir la confiance du parlement d'Ulster vendredi prochain pour être certain de diriger à nouveau le gouvernement de Belfast. Or, certains élus protestants demeurent sceptiques quant à la bonne volonté affichée par le mouvement clandestin catholique.

`Nous allons affronter cette étape avec l'espoir et l'attente d'être réélus´, a déclaré Trimble aux journalistes à l'issue de la réunion des 110 membres du comité directeur de l'UUP, qui lui a apporté son soutien.

Un soldat britannique blessé

`Les enjeux sont importants, les marges risquent d'êtres étroites, mais ce n'est pas la première fois que les marges sont étroites´, a-t-il ajouté.

David Trimble, qui doit obtenir une majorité simple auprès des 108 membres de l'assemblée nord-irlandaise, n'est même pas assuré d'obtenir les voix des 28 députés de l'UUP, certains s'étant employés à minimiser la portée du désarmement annoncé par l'IRA.

Avec 58 élus toutes tendances confondues, les protestants sont majoritaires au sein du parlement régional.

Si Trimble ne devait pas être élu, le secrétaire britannique pour l'Irlande du Nord, John Reid, devrait choisir entre la suspension des institutions biconfessionnnelles ou la convocation d'élections anticipées. Mais aucun adversaire ne semble en mesure d'inquiéter le dirigeant protestant.

L'euphorie déclenchée par la relance du processus de paix a toutefois été assombrie vendredi par l'explosion, au cours d'affrontements entre bandes rivales dans le nord de Belfast, d'une bombe artisanale, qui a grièvement blessé un soldat britannique de 18 ans.

Selon la police, de nouveaux tirs ont eu lieu samedi entre protestants et catholiques, sans faire de blessé.

En réponse au geste de l'IRA, la Grande-Bretagne a néanmoins commencé a démanteler ses installations de sécurité en Irlande du Nord. L'IRA et sa vitrine légale, le Sinn Féin, exigent en effet la réduction de la présence militaire britannique dans la province et une réforme de la police d'Ulster.

La semaine qui débute demain s'annonce donc crucial pour le processus de paix en Irlande du Nord. Les extrémistes des deux bords ont souvent démontré qu'ils pouvaient saper le travail des diplomates en plus de trente années de lutte. Cette fois, le contexte international ne joue pas en leur faveur et les défenseurs d'un apaisement dans cette partie de l'Europe disposent d'une chance peut-être unique d'aboutir enfin à la paix. F.F.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be