Dialogue de sourd au TPI

H.C.

Troisième comparution pour Slobodan Milosevic

LA HAYE Le dialogue de sourds s'est poursuivi au Tribunal pénal international (TPI) de La Haye où Slobodan Milosevic a comparu, lundi, pour la troisième fois, rejetant en bloc le tribunal, l'accusation et les hybrides `amis de la cour ´ désignés pour argumenter en sa faveur. Dans une ambiance surréaliste, avec un accusé parfois goguenard, souvent ostensiblement absent, les arguments se sont développés dans plusieurs directions, dans les trois langues officielles du tribunal - anglais, français, serbo-croates - sans toujours s'articuler de manière cohérente.

Deux grands thèmes ont cristallisé cette audience préliminaire à un procès dont la date n'a pas encore été fixée: la compétence du tribunal et le rôle des `amici curiae ´, les amis de la cour désignés par le TPI pour assister les juges et les éclairer sur les arguments de nature à disculper l'accusé.

Sur la compétence de la cour, M. Milosevic est resté arc-bouté sur la ligne qu'il avait adoptée dès sa première comparution devant le TPI, début juillet, après son transfert à La Haye: le tribunal est illégal. Il n'en reconnaît pas la légitimité.

L'ancien chef de l'Etat a expliqué que s'il se trouvait aujourd'hui sur le banc des accusés c'est parce qu'il avait combattu `le terrorisme ´, une référence implicite aux activistes albanais de l'UCK (Armée de libération du Kosovo).

`J'ai été accusé parce que j'ai défendu ma nation. J'ai défendu mon peuple contre le terrorisme tandis que l'administration Clinton a coopéré étroitement ´ avec les terroristes, a lancé M. Milosevic.

Le procureur suisse, Carla Del Ponte a rétorqué que le Tribunal avait été établi, en 1993 par le Conseil de sécurité, sur `des principes intangibles ´.

`Ce tribunal a été établi pour mettre fin à l'impunité des chefs de l'Etat. A l'extérieur de ce tribunal, il y a des milliers de victimes qui demandent justice. C'est pour cette raison qu'il ne peut pas y avoir d'impunité, pour personne ´, a dit Mme Del Ponte.

Durant la déclaration du procureur, M. Milosevic a affiché un air de suprême dédain, laissant de côté les écouteurs de traduction, alors que Mme Del Ponte s'exprimait en français, une langue qu'il ne comprend pas.

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