Israël se souvient d'Yitzhak Rabin. Son armée se retire de Bethléem.

Israël se souvient d'Yitzhak Rabin. Son armée se retire de Bethléem.
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Tsahal quitte Bethléem: un test selon Israël,un petit pas pour les Palestiniens

JÉRUSALEM Israël a posé des conditions lundi à tout nouveau retrait de secteurs réoccupés dans cinq villes autonomes en Cisjordanie, après son repli de Bethléem, alors que les Palestiniens exigeaient qu'il se fasse dans les plus brefs délais. Des délégations d'officiers devaient se retrouver lundi soir sous l'égide des Etats-Unis pour discuter des retraits des cinq autres zones réoccupées, dans le cadre de la réunion du Comité de sécurité mixte.

`Le maintien du calme dans les régions de Bethléem et son faubourg de Beit Jala sera un test pour le retrait de nos troupes des autres secteurs autonomes réoccupés ces dix derniers jours ´, a déclaré un porte-parole du Premier ministre israélien Ariel Sharon, Avi Pazner.

`Le retrait de Bethléem ne suffit pas. Il faut qu'Israël retire ses troupes de toutes les zones réoccupées ´, a affirmé pour sa part à l' AFP un conseiller du président palestinien Yasser Arafat, Nabil Abou Roudeina.

D'autres hauts responsables palestiniens ont accusé ces derniers jours Israël de vouloir réoccuper en permanence les zones autonomes sous prétexte de sécurité.

Le retrait israélien du secteur de Bethléem s'est opéré dans la nuit en dépit de deux attentats en Israël qui ont coûté la vie à cinq Israéliens, un soldat et cinq femmes.

Lors du second attentat, deux Palestiniens ont ouvert le feu sur un arrêt de bus du centre de Hadera, tuant quatre Israéliennes et blessant 31 personnes, avant d'être tués.

M. Sharon a informé l'administration Bush qu'il pourrait reporter sa visite prévue à la mi-novembre aux USA en raison de `problèmes de sécurité ´. La presse israélienne estimait qu'en vue de ses entretiens, le Premier ministre ordonnerait un retrait des zones urbaines palestiniennes réoccupées au lendemain de l'assassinat le 17 octobre du ministre du Tourisme Rehavam Zeevi, chef d'un parti d'extrême droite.

Le commandement militaire israélien, qui pousse à poursuivre les incursions, a par ailleurs accusé l'Autorité palestinienne d'avoir été en contact avec les responsables de l'attentat de Hadera.

L'Autorité palestinienne `connaît ´ les commanditaires de l'attentat qui figurent sur `la liste des terroristes ´ qu'Israël lui a demandé d'arrêter, a affirmé lundi un haut responsable des renseignements israéliens. `Arafat n'a aucune intention de lutter réellement contre le terrorisme ´, a-t-il estimé, lui reprochant `de publier uniquement des communiqués condamnant les attentats ´.


Israël se souvient

Commémoration de l'assassinat d'Yitzhak Rabin



JÉRUSALEM Israël a marqué lundi l'anniversaire de l'assassinat du Premier ministre travailliste Yitzhak Rabin, tué par un extrémiste juif il y a six ans exactement, selon le calendrier lunaire juif.

Au cimetière militaire du Mont Herzl, où sont enterrés de nombreux responsables, quelque 2.500 personnes se sont rassemblées sous la pluie pour rendre hommage à l'artisan des accords d'Oslo (1993) sur l'autonomie palestinienne, tué le 4 novembre 1995, lors d'un rassemblement pacifiste à Tel-Aviv.

Au milieu de la foule anonyme figuraient de nombreux hommes publics, comme le Premier ministre de droite Ariel Sharon, son ministre des Affaires étrangères Shimon Peres, qui avait mis sur les rails avec Rabin le processus de paix israélo-palestinien, ou encore le ministre de la Défense Binyamin Ben Eliezer, un ténor du parti travailliste.

Une `flamme éternelle´ éclaire la tombe du Premier ministre assassiné, aux côtés duquel est enterrée sa femme Léa, décédée en 2000. De nombreuses gerbes y sont déposées, notamment celle du président palestinien Yasser Arafat qui avait tenté d'établir avec Rabin un modus vivendi entre Israéliens et Palestiniens.

Avec le bouquet, un message : `En ce triste anniversaire, j'envoie ces fleurs sur la tombe de mon partenaire dans la paix des braves. Nous devons continuer le chemin qui mène à cette paix dans l'intérêt des Israéliens et des Palestiniens.´ M. Sharon a déclaré pour sa part que `les gens s'approprient le personnage de Rabin et oublient à quel point il était un défenseur de Jérusalem, qu'il n'aurait jamais cédé´.

A l'extérieur du cimetière, des points de rencontre ont été installés sous des tentes pour permettre un dialogue entre les juifs religieux et les autres Israéliens, dont beaucoup accusent ces premiers d'être responsables de la mort de Rabin.

Quelque 400 adolescents juifs ultra-orthodoxes débattent furieusement de l'assassinat pour savoir s'il peut avoir une justification morale. Harel Goodstein, un organisateur de cette rencontre, explique que `de nombreux juifs religieux se sentent coupables de l'assassinat de Rabin et viennent ici pour s'épancher. La haine de l'époque les a traumatisés.´ Les drapeaux ont été mis en berne sur tous les bâtiments officiels et les établissements scolaires ont prévu des cours sur les valeurs démocratiques et le danger de la violence en politique.

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