Le Népal s'enfonce dans la guerre

La capitale n'est pas épargnée

KATMANDOU Les rebelles maoïstes népalais ont frappé jeudi au coeur de la capitale, Katmandou, accroissant encore le sentiment d'inquiétude de la population.
Les maoïstes ont fait sauter à l'aube deux bombes dans l'enceinte d'une usine d'embouteillage de la multinationale américaine. Le toit et les vitres ont été soufflés dans l'explosion, qui n'a pas fait de victimes. Cet attentat survient au troisième jour d'une offensive de l'armée contre la rébellion ordonnée par le roi Gyanendra, la première du genre depuis le début de l'insurrection en 1996.
Si le Premier ministre Sher Bahadur Deuba a assuré que la crise actuelle serait `bientôt terminée´, beaucoup en doutent parmi les habitants du royaume, qui voient se rapprocher les combats.
Jusqu'à présent, les actions spectaculaires des insurgés, qui s'inspirent du Sentier lumineux péruvien, s'étaient concentrées dans l'ouest du pays, leur bastion, et, depuis trois jours, l'armée ratisse les forêts denses des contreforts himalayens.
Mais contrairement aux déclarations du Premier ministre, les responsables du ministère de la Défense estiment que l'offensive contre les rebelles, qui seraient entre 5.000 et 10.000, sera longue et difficile.
Les forces armées ont des pouvoirs élargis de détention, alors que la liberté d'expression et de circulation est sévèrement restreinte.
A Dang, une localité attaquée vendredi dernier, des habitants terrifiés ont raconté que plusieurs milliers de rebelles avaient investi la ville, tuant des soldats, pillant les munitions et incendiant des bâtiments. Les maoïstes sont restés quatre heures avant de repartir aussi brusquement qu'ils avaient surgi, en pleine nuit.
La rébellion maoïste au Népal a commencé en 1996 et fait plus de 2.000 morts.

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