Force de maintien de la paix: les afghans ont accepté

Force de maintien de la paix: les afghans ont accepté
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Les dirigeants afghans ont accepté mardi le principe d'une force internationale de paix de 5.000 hommes, alors que le Pentagone a démenti que deux de ses avions aient été visés par des missiles dans le sud du pays.

KABOUL Les bombardements américains ont repris mardi autour de Tora Bora (est), où les opérations de "recherche" et de "nettoyage" se poursuivent pour tenter de retrouver les derniers combattants du réseau al-Qaïda de l'extrémiste islamiste Oussama ben Laden. Le milliardaire d'origine saoudienne, dont la tête a été mise à prix 25 millions de dollars par les Etats-Unis pour son implication supposée dans les attentats du 11 septembre, reste introuvable, mais son allié et protecteur, le mollah Mohammad Omar, chef suprême des talibans, aurait été localisé dans une région montagneuse du sud de l'Afghanistan. Le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld a déclaré mardi à Bruxelles que la campagne en Afghanistan entrait dans une "phase dangereuse" et qu'elle ne s'achèverait pas "par la capture d'un ou deux leaders terroristes". "Cela prendra du temps", a-t-il dit devant ses homologues de l'Otan. Il a par ailleurs promis des "conséquences dévastatrices" aux pays qui soutiennent le terrorisme. La tension était brusquement montée mardi matin après l'annonce par un porte-parole des Marines américains à Kandahar (sud) de tirs de missiles sol-air contre deux appareils de transport militaires C-130, pour la première fois depuis le début du conflit le 7 octobre. Selon le porte-parole, les pilotes des deux appareils avaient dû recourir à des leurres pour éloigner les missiles. L'affaire était prise très au sérieux, car des missiles sol-air Stinger avaient été fournis par les Etats-Unis - via le Pakistan - aux moujahidine afghans à l'époque de la lutte contre l'occupation soviétique (1979-1989).

Dementi

Mais quelques heures plus tard, le Pentagone diffusait un démenti catégorique, en expliquant que les pilotes avaient en fait confondu les tirs de missiles avec des tirs d'armes de petit calibre. "En fait cela s'est avéré être non pas des tirs de missile, mais des tirs d'Afghans pour célébrer (la victoire) qui ont été pris à tort pour des tirs ennemis", a déclaré un porte-parole du Pentagone, Richard McGraw, précisant qu'il s'agissait d'armes de petit calibre. A Kaboul, les difficiles négociations sur l'installation d'une force multinationale de sécurité sous mandat de l'ONU ont progressé mardi, après que le ministère afghan de la Défense eut accepté le principe d'une force de 5.000 hommes. Mais un désaccord subsiste sur la mission de cette force prévue par les accords interafghans de Bonn du 5 décembre, sous l'égide des Nations unies. "Ils se sont mis d'accord pour au moins 5.000 soldats de maintien de la paix, mais ils n'ont encore rien signé", a déclaré Barnab Salihi, un des responsables du ministère de la Défense confié au général Mohammad Qasim Fahim, l'un des chefs de l'Alliance du Nord, qui a chassé les talibans de Kaboul. "Le problème, ce n'est plus la taille de la force, mais sa mission et l'endroit où elle sera basée", a ajouté un autre responsable, M. Gulbuddin. Il a déclaré que la force pourrait être déployées à Kaboul, sur les principaux axes routiers autour de la capitale, sur la base aérienne de Bagram (à 50 km au nord de Kaboul), ainsi qu'à Mazar-i-Sharif (nord) et Kandahar. Les premiers éléments de cette force, qui sera dirigée par la Grande-Bretagne, doivent arriver samedi, jour de la prise de fonctions du gouvernement intérimaire de M. Karzaï, désigné par les accords de Bonn. Avant d'assumer le pouvoir, M. Karzaï devait rencontrer mardi à Rome l'ancien roi d'Afghanistan en exil, Mohammed Zaher Shah, dont les représentants ont signé les accords de Bonn. Le général britannique John McColl, qui menait les discussions depuis samedi avec les dirigeants afghans, a quitté Kaboul lundi soir. Le général Peter Waugh, assisté d'une équipe de six responsables militaires britanniques, a été chargé de poursuivre les négociations. Le Conseil de sécurité des Nations unies doit adopter prochainement une résolution sur le mandat de cette force internationale, mais le vote pourrait être retardé en raison d'un différend opposant notamment l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), citant des sources diplomatiques à New York et Berlin, a rapporté mardi que les gouvernements allemand et britannique n'étaient pas d'accord sur la structure de commandement de cette force. Les Allemands craignent notamment que les Britanniques ne se retirent d'Afghanistan après le départ de l'armée américaine, alors que Berlin estime que les deux opérations militaires devraient être clairement distinctes. La capture de ben Laden "mort ou vif" reste l'objectif prioritaire de la campagne militaire américaine en Afghanistan, comme l'a rappelé lundi soir le président George W. Bush. "Il est en fuite. Il croit qu'il peut se cacher, mais ce n'est pas vrai", a-t-il déclaré. "Cela peut arriver demain ou dans un an, mais il sera traduit en justice", a-t-il ajouté. Le mollah Mohammad Omar, qui a disparu après la chute de son fief de Kandahar, reste lui aussi introuvable. Les Etats-Unis ont offert une prime de 10 millions de dollars pour toute information conduisant à la capture du chef taliban, allié de ben Laden. Le nouveau gouverneur de Kandahar, Gul Agha, a déclaré mardi à la BBC qu'il avait envoyé des forces vers la localité de Baghran dans la province de Helmand, à environ 160 km au nord-ouest de Kandahar, où seraient cachés le mollah Omar et quelque 500 de ses fidèles. Gul Agha a par ailleurs affirmé que ses forces avaient arrêté jusqu'à 80 combattants appartenant au groupe al-Qaïda. Huit agents du FBI (sûreté fédérale américaine) sont arrivés à Kandahar pour interroger ces prisonniers. La traque de ben Laden et de ses volontaires islamistes - en majorité des Arabes et des Tchétchènes - s'est également étendue au Pakistan, où les talibans bénéficiaient il y a encore peu de complicités, et au Yémen, d'où est originaire une partie de la famille ben Laden. Des unités de l'armée et de la police yéménites, soutenues par des hélicoptères, ont bombardé mardi le village d'Al-Hossoun dans l'est du Yémen où se seraient réfugiés des membres présumés d'al-Qaïda, faisant 12 morts et plusieurs blessés des deux côtés, selon un premier bilan.

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