Chirac aurait aussi fauté

P. D.-D.
Chirac aurait aussi fauté
©EPA

Il aurait un fils naturel de 17 ans vivant au Japon. Une rumeur non étayée par le moindre soupçon de preuve

PARIS Et de trois! Après la fille illégitime de Françoise Mitterrand, le fils caché de Valéry Giscard d'Estaing avec son attachée parlementaire, voilà maintenant le fils naturel de Jacques Chirac, qui aurait 17 ans et vivrait au Japon! Les présidents de la République, décidément, semblent donc porter sur la gaudriole.

La dernière révélation en date concerne l'actuel hôte de l'Elysée, il est vrai connu pour avoir un faible pour le sexe faible. Jacques Chirac, si l'on en croit Guy Birenbaum, auteur de Nos délits d'initiés sorti mercredi en librairie, aurait donc un fils de 17 ans, né de ses amours avec une interprète lors de l'un de ses nombreux périples dans l'Empire du Soleil Levant.

L'info, en soi, n'est pas neuve, car elle avait déjà été jetée en pâture par le magazine luxembourgeois L'investigateur, à la réputation pour le moins sulfureuse. Or, Guy Birenbaum se contente de relancer la rumeur, sans apporter, lui non plus, la moindre once de preuve à ces affirmations.

Selon l' Investigateur, une association franco-japonaise aurait été créée naguère afin d'assurer «l'entretien du gamin». Le magazine avoue toutefois ne pas avoir pu établir si cette association avait bénéficié de fonds publics. C'est un peu mince.

Tout en s'inspirant du magazine luxembourgeois, l'auteur de Nos délits d'initiés croit savoir que la mère n'est pas interprète de son état. Fort bien. Mais il n'en dit pas plus, se retranchant derrière un étonnant «respect de la vie privée». «L'homme politique a droit au respect de sa vie privée sauf lorsqu'il instrumentalise celle-ci pendant sa campagne. Ses actes doivent alors être conformes à ses déclarations», a-t-il justifié pour ne pas lever le coin du voile sur l'identité de la mère et du fils.

Bref, l'auteur du brûlot se gausse uniquement de «rumeurs non vérifiées et non vérifiables» pour jeter ce nouveau pavé dans la mare du microcosme politique hexagonal. Et les éléments avancés pour corroborer l'accusation prêtent à sourire: les fréquents voyages de Jacques Chirac au Japon - cinquante-cinq à ce jour - doivent bien cacher quelque chose, estime Guy Birenbaum. Encore plus cocasse, sans doute, quelque 15.000 références sont affichées par le moteur de recherche Google lorsque l'on tape les mots Chirac et Japon!

Ce qui n'empêche pas Guy Birenbaum de donner un bon coup dans la fourmilière, sans trop se soucier, finalement, si la rumeur a quelque consistance ou non. Mais c'est vrai qu'un parfum de scandale est généralement un excellent vecteur de vente. «S'il n'est pas interdit, ce livre va remporter un grand succès. S'il est interdit, ce sera un triomphe. Dans les deux cas, l'intelligence aura perdu du terrain sur l'amalgame», analyse, sans complaisance, l'éditorialiste du quotidien Le Point

Nos délits d'initiés, mes soupçons de citoyen, de Guy Birenbaum, aux éditions Stock, 288 pages.

© La Dernière Heure 2003


Une formule à succès

PARIS La formule commence à faire recette en France, où les livres révélant les travers de la vie privée des hommes politiques commencent tout doucement à devenir une mode.

«Nos délits d'initiés» est de la même veine que le «Bien entendu... c'est off», de Daniel Carton, qui avait naguère évoqué le fils illégitime de l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing. Là, l'ancien journaliste du Monde avait au moins le mérite de mettre le doigt sur un petit scandale: VGE s'était démené comme un beau diable pour que la mère de ce fils naturel bénéficie d'un traitement de faveur. Elle s'était, comme par enchantement, retrouvée parachutée comme candidate au Parlement européen, où elle siège depuis les élections de 1999.

L'attitude de François Mitterrand était elle aussi condamnable, puisque sa maîtresse et sa fille naturelle étaient entretenues aux frais de l'Etat, logeant dans un bâtiment officiel et bénéficiant de la protection d'agents de l'Etat. Bref, c'est le contribuable français qui finançait les amours illégitimes de Tonton.

Cette fois, pour autant bien entendu que cette histoire de fils de 17 ans au Japon soit vraie, l'affaire de Jacques Chirac ne semble pas du même tonneau. Bon, d'accord, il a fauté. Mais l'homme est un coureur de jupons invétéré. Son épouse le sait, l'accepte. C'est leur problème de couple. Aucun transfert d'argent public n'a apparemment pris la direction du Japon pour subvenir à Chirac Junior.

Alors, pourquoi révéler un tel pan de la vie privée du président de la République? D'autant que rien ne vient, pour l'instant, étayer la rumeur... La méthode est condamnable. C'est ouvrir la porte à tous les excès. Or, il est quand même de la responsabilité des journalistes, et des éditeurs, de faire la part des choses entre le vrai et l' intox, entre la rumeur et le fait. Et la vie privée ne doit pas devenir un terreau fertile pour auteurs en mal de gros tirages.

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