Grève surprise de British Airways à Londres

Le chaos pourrait durer plusieurs jours à Heathrow, l'aéroport de la capitale

LONDRES Des milliers de passagers étaient bloqués vendredi à l’aéroport de Londres-Heathrow, plongé dans le chaos par une grève surprise de British Airways qui devrait entraîner des perturbations pendant plusieurs jours encore.

«Il y aura des perturbations importantes aujourd’hui et probablement pendant plusieurs jours» à Heathrow, a déclaré le directeur exécutif de l’aéroport, Mick Temple.

Tous les vols de British Airways à Heathrow ont été annulés depuis jeudi après-midi, «au moins» jusqu’à vendredi 18h00 (17h00 GMT), selon la compagnie. Au total, British Airways a annulé vendredi 550 vols. Ces annulations font suite à une grève surprise jeudi d’un millier d’employés au sol de la compagnie britannique.

Ces derniers, notamment les bagagistes, ont cessé le travail par solidarité avec des employés d’une société sous-traitante américaine de restauration rapide, Gate Gourmet, licenciés mercredi.

Selon la compagnie, une centaine de ses appareils et un millier de membres d’équipage étaient bloqués au sol vendredi en raison de ce mouvement social.
British Airways s’est engagé à rembourser ou offrir d’autres vols aux 70.000 passagers concernés par les annulations.

Vendredi matin, des centaines de passagers tentaient pourtant de venir à Heathrow, dans l’espoir d’avoir des nouvelles rassurantes sur leurs vols. A l’intérieur du terminal 4, qui gère les vols de la compagnie britannique, des centaines de passagers arrivés jeudi terminaient leur nuit sur des fauteuils ou des couchages de fortune.
4.000 personnes ont été logées dans la nuit de jeudi à vendredi par la compagnie dans des hôtels.
A l’extérieur du terminal 4, fermé durant la nuit pour éviter un afflux de voyageurs, une marquise a été installée pour les voyageurs afin qu’ils puissent y chercher du café, de l’eau et des sandwiches.

Le mouvement social imprévu des employés au sol semble également avoir eu des conséquences sur la compagnie australienne Qantas, la finlandaise Finnair, et la compagnie Sri Lankan Airways, qui utilisent les mêmes bagagistes que BA.
Heathrow est, en nombre de voyageurs, le premier aéroport européen et le troisième mondial, avec 67 millions de passagers par an.
Selon Mick Temple, si le conflit ne se durcit pas, les personnes devant voyager avec les autres compagnies devraient rencontrer peu de difficultés. Il a cependant conseillé vendredi à ces voyageurs de se renseigner avant de rejoindre Heathrow.

Jeudi, l’annulation de 121 vols British Airways au départ et quelque 100 vols BA à l’arrivée à Heathrow avait touché directement ou pas quelque 20.000 passagers.
La compagnie anglaise a décidé d’annuler tous ses vols vendredi devant le peu d’espoir de voir le mouvement social en cours réglé rapidement.
«Il est très décevant pour nous de nous retrouver impliqués dans un conflit extérieur», a regretté le directeur exécutif de BA, Sir Rod Eddington, confronté à son troisième conflit social en trois étés.

Le chaos auquel fait face British Airways découle en fait du licenciement de plusieurs centaines de salariés de la compagnie Gate Gourmet International, une entreprise chargée de préparer les repas pour plusieurs compagnies détenue par le groupe américain Texas Pacific.
Gate Gourmet prépare quelque 80.000 repas quotidiens pour British Airways, son plus gros client à Heathrow.
Le Syndicat des transports britanniques (TGWU), un des plus puissants syndicats britanniques, a accusé la direction de Gate Gourmet d’avoir agi «de façon écoeurante» et a demandé vendredi à British Airways de faire pression sur la société américaine.
Des négociations devaient avoir lieu à Gate Gourmet vendredi matin.
Selon Henk Potts, analyste à Barclays Stockbrokers, ce mouvement social pourrait coûter quelque 10 millions de livres (14,5 millions d’euros) par jour à British Airways, qui doit déjà faire face à des coûts du pétrole en hausse vertigineuse.

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