Nouveaux échanges de tirs à Kinshasa

Nouveaux échanges de tirs à Kinshasa
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La capitale congolaise avait déjà été secouée par des tirs faisant plusieurs morts ce dimanche

KINSHASA Des tirs à l'arme automatique ont été entendus lundi après-midi à Kinshasa où des blindés de l'Onu et de la force européenne Eufor patrouillaient dans les rues, au lendemain de la proclamation des résultats du premier tour de l'élection présidentielle congolaise.
Alors que le calme était revenu lundi matin après des échanges de tirs dimanche soir au moment où la Commission électorale indépendante (CEI) annonçait la tenue d'un second tour entre le président Joseph Kabila et le vice-président Jean-Pierre Bemba, de nouveaux tirs ont été entendus vers 15H00 GMT à proximité d'une résidence de M. Bemba.

La provenance et la cause de ces tirs qui se poursuivaient par intermittence n'étaient pas connues lundi en fin d'après-midi. Les résultats provisoires du premier tour de la présidentielle du 30 juillet en République démocratique du Congo (RDC), publiés par la CEI, placent le chef de l'Etat sortant en tête avec 44,8% des suffrages, devant l'ex-rebelle Bemba (20%), qui s'opposeront donc dans un second tour le 29 octobre.
L'opposant historique Antoine Gizenga, arrivé en troisième position avec 13% des voix, a félicité les deux gagnants, selon son parti, le parti lumumbiste unifié (Palu).

"Nous ne pouvons discuter avec l'un et l'autre que sur la base du programme et des fautes qu'ils reconnaissent et des actions qu'ils entendent entreprendre pour le peuple congolais", a prévenu un responsable de cette formation, évoquant la possibilité d'alliances politiques en vue du second tour.

Grâce à son score, M. Gizenga s'impose comme "l'arbitre incontournable du 2e tour que les deux camps adverses vont se disputer", selon un diplomate en poste à Kinshasa.
Le taux de participation à ce premier scrutin libre et pluraliste depuis plus de 40 ans dans l'ex-Zaïre a dépassé les 70%.

Ce scrutin, combiné avec des législatives à un seul tour, doit être suivi d'élections provinciales et locales qui mettront un terme à la fragile transition politique amorcée en 2003 en RDC après une guerre régionale de près de cinq ans. Les résultats de la CEI doivent être validés par la Cour suprême de justice, en charge du contentieux électoral.

Lundi après midi, le vice-président Bemba ne s'était pas encore exprimé, 24 heures après la publication des résultats, après avoir renoncé à une déclaration dimanche soir en raison de l'insécurité dans la capitale.
De son côté, M. Kabila a remercié dimanche soir les "électeurs qui l'ont placé "en première position" et invité les Congolais à "rester sereins et à attendre dans le calme" la proclamation des résultats définitifs, affirmant sa "détermination à poursuivre le processus électoral jusqu'à son terme, dans le respect des lois et de la Constitution".

Lundi, la France a appelé les parties congolaises à "faire preuve de retenue" et condamné les violences qui ont fait au moins cinq morts dimanche au moment de l'annonce des résultats du premier tour de la présidentielle. Ancienne puissance coloniale au Congo, la Belgique a appelé les parties congolaises à "poursuivre loyalement le processus électoral", déplorant les violences qui ont marqué l'annonce des résultats.
Des tirs nourris ont fait au moins 5 morts et une dizaine de blessés dans les rues de la capitale dimanche soir, mais ce bilan provisoire, confirmé par la Mission de l'Onu en RDC (Monuc) et par des sources policières, pourrait "s'alourdir" selon ces mêmes sources.


Une résidence de Bemba visée et touchée

Des tirs à l'arme lourde ont visé lundi après-midi une résidence à Kinshasa du vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, chez qui se trouvaient les ambassadeurs membres du Comité international d'accompagnement de la transition (Ciat) dans l'ex-Zaïre, a-t-on appris de sources diplomatiques.

"Il y a eu des tirs à l'arme lourde, probablement au canon, lance-roquettes ou à la mitrailleuse lourde. L'hélicoptère privé de Bemba a été détruit. Les ambassadeurs du Ciat se sont réfugiés dans la cave de la villa", a déclaré à l'AFP une source diplomatique sous le couvert d'anonymat.
"Les tirs ont duré une bonne demi-heure et viennent de se calmer", a-t-il ajouté.

Un autre diplomate a indiqué à l'AFP qu'un "plan d'évacuation des ambassadeurs", parmi lesquels se trouvaient les ambassadeurs des Etats Unis, de Grande-Bretagne, de France, et le chef de la mission de l'Onu en RDC (Monuc), était en cours de préparation.
M. Bemba était sur place au moment des tirs et recevait les ambassadeurs du Ciat pour une "réunion de travail", selon ces sources.

Arrivé second au premier tour de l'élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), Jean-Pierre Bemba sera opposé au président sortant Joseph Kabila au deuxième tour prévu le 29 octobre.

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