Louis Michel: "On ne peut pas accuser sans preuve"

Louis Michel a aussi tenu à rappeler que le pouvoir politique de la RDC avait été élu démocratiquement et qu'on ne pouvait pas traiter un Etat de droit de la même manière qu'une dictature


BRUXELLES L'ancien ministre des Affaires étrangères et aujourd'hui commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire, Louis Michel (MR), s'est montré très critique sur les tensions diplomatiques actuelles entre la Belgique et la République Démocratique du Congo sur les ondes de La Première mardi matin. "Dans un Etat de droit, on ne peut pas lancer des accusations sans fournir de preuves", a-t-il déclaré pour commenter les accusations de corruption du pouvoir congolais prêtées à Karel De Gucht (Open Vld) par la presse congolaise samedi dernier.

"Les messages doivent passer en empruntant la voie de la diplomatie", a-t-il déclaré. "La démocratie est un chantier permanent et il faut du temps pour réorganiser les services d'ordre. Il y a encore des chantiers à achever mais de sérieux efforts ont été fournis en RDC ces dernières années. Je sais que certains propos peuvent flatter l'opinion publique mais, personnellement, je préfère voir l'intérêt des populations congolaises. Il faut savoir choisir ses priorités"

Louis Michel a aussi écarté toutes les suspicions de détournement de l'argent envoyé par la Belgique en RDC. "Il faut arrêter de dire que l'argent de la coopération est mal utilisé", a-t-il commenté. "L'Etat belge soutient des projets précis, déterminés. L'argent de la Belgique ne va pas dans les caisses de l'Etat congolais. Il est adressé à des ONG, des agences des Nations Unies qui sont des partenaires privilégiés de la Belgique. Des systèmes de contrôle monétaire assurent le bon suivi de ce flux monétaire".

L'ancien ministre des Affaires étrangères s'est aussi montré favorable à la mise en concurrence des marchés de développement au Congo. "Monsieur (Karel) De Gucht s'est rendu en Chine pour faire de la diplomatie et il a bien eu raison de le faire. C'est son rôle et même son devoir. Mais c'est aussi le droit le plus absolu de l'Etat souverain du Congo de mettre en concurrence le partenariat en développement", a-t-il ajouté.

© La Dernière Heure 2008

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