Fusillade dans un Thalys: le tireur a embarqué à Bruxelles-Midi (PHOTOS ET VIDEO)

Le suspect a été maîtrisé par 2 US Marines. Les mesures de sécurité spécifiques en Belgique seront renforcées dès ce vendredi soir.

AFP

Trois personnes ont blessées dans un Thalys entre Amsterdam et Paris par un homme armé.

Trois personnes ont été blessées, dont deux grièvement, vendredi dans un train Thalys entre Amsterdam et Paris par un homme armé qui a ouvert le feu, vendredi peu après 18 heures, avant d'être maîtrisé par des passagers puis interpellé en gare d'Arras (nord de la France), a-t-on appris de sources concordantes.

Le suspect a embarqué dans le train Thalys à la gare de Bruxelles-Midi vers 17H50, a indiqué vendredi soir une responsable communication de Thalys, citant la police française. "Le train est arrivé à la gare d'Arras, où les blessés ont immédiatement été transférés vers l'hôpital. Tous les voyageurs ont été pris en charge à Arras et une cellule psychologique a été ouverte", précise la porte-parole de la compagnie ferroviaire.

Un porte-parole de la SNCF (chemins de fer français) a indiqué que l'homme était en possession d'armes blanches et d'armes à feu. Selon ce porte-parole, deux personnes ont été blessées grièvement, la troisième légèrement et au moins l'une des victimes l'a été par balles.

Aucune information sur le pronostic vital des victimes n'a été fournie par les secours. Selon le site du journal La Voix du Nord, l'acteur français Jean-Hugues Anglade figure au nombre des victimes et serait légèrement blessé. Selon une source proche du dossier, l'homme blessé par balle a été héliporté à l'hôpital de Lille (nord) tandis que la deuxième victime a été blessée par un coup de cutter au niveau du coude, et porte une plaie superficielle. Souffrant également d'une fracture au doigt, ce blessé a été hospitalisé à Arras.

D'après les informations recueillies sur place par le journal, un homme, d'origine nord-africaine, aurait tiré à la kalachnikov avant d'être maîtrisé par des passagers d'origine américaine. L'auteur des tirs a été maîtrisé par deux militaires américains qui l'auraient entendu recharger une arme dans les toilettes, selon les tout premiers éléments de l'enquête. Il était en possession d'un fusil d'assaut kalachnikov, d'un pistolet automatique, de neuf chargeurs et d'un cutter, selon une source policière.

Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a dénoncé "la violence barbare d'un passager", précisant que l'un des blessés était un des passagers ayant maîtrisé l'agresseur, lors d'un point de presse à Arras.

En début de soirée, de 150 à 200 passagers se trouvaient sur le parvis de la gare d'Arras, avec leurs valises, en présence d'un grand nombre de policiers, d'un véhicule du SAMU et de pompiers, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Nous étions dans le train et nous avons senti qu'il ralentissait peu avant Arras. Trente minutes plus tard, il s'est arrêté totalement. Une fois en gare, on est resté 15 minutes bloqué. Ensuite, il y a eu un message dans le train nous disant qu'une intervention de la police était en cours. On est sorti du Thalys et on a vu des blessés sur le quai", ont témoigné à l'AFP Maxime Vialat, et Charlotte Bosse, 20 ans.

Un passager du Thalys où se sont produits les faits, Patrick Arrès, 51 ans, a dit avoir "vu quatre-cinq personnes de la SNCF, planquées derrière le talus, en train de pleurer. On s'est dit: +il se passe quelque chose+. Puis le Thalys s'est arrêté plus loin, à Arras".

A la gare d'Arras, "on a vu aussi trois-quatre policiers avec des flingues, très menaçants, qui passaient devant toutes les rames. Ils cherchaient quelqu'un, les gens avaient peur", a-t-il dit.

Depuis les attentats du 7 janvier qui ont visé la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo et le supermarché parisien Hyper Casher, faisant 17 morts, un plan de lutte antiterroriste a été mis en place dans tous les lieux publics et considérés comme sensibles.

Plusieurs attentats ont depuis janvier été déjoués sur le territoire français, selon les autorités, dont une attaque visant une église près de Paris au printemps et un projet d'attaque contre un site militaire dans le sud de la France.

Fusillade dans un Thalys: le tireur a embarqué à Bruxelles-Midi (PHOTOS ET VIDEO)
©AFP


La section antiterroriste du parquet de Paris se saisit de l'enquête

La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête sur les tirs vendredi dans le train, a indiqué à l'AFP le parquet de Paris.

"La section antiterroriste du parquet se saisit de cette affaire (...) au vu de l'armement utilisé, du déroulé des faits et du contexte", a indiqué le parquet. Un homme armé a blessé deux personnes vendredi à bord du train avant d'être maîtrisé puis interpellé à la gare d'Arras (nord de la France). Le président français François Hollande a assuré dans un communiqué que "tout est mis en oeuvre pour faire la lumière" sur ces tirs.


Un suspect connu

L'homme soupçonné d'avoir ouvert le feu vendredi dans un train Thalys entre Amsterdam et Paris et interpellé peu après à Arras, faisait l'objet d'une fiche des services de renseignements, a-t-on appris de source policière.

Selon les tout premiers éléments de l'enquête, il est Marocain ou d'origine marocaine et serait âgé de 26 ans. Le parquet antiterroriste est saisi de l'enquête.

Son état-civil doit encore être vérifié, les enquêteurs devant s'assurer qu'il s'agit bien du même homme, souligne-t-on de même source.

Si son identité est confirmée, cet homme faisait l'objet d'une fiche dite "S" visant les personnes ayant notamment des liens avec le terrorisme mais qui ne sont pas forcément surveillées. Des centaines de personnes font l'objet de ce type de fiche.

Fusillade dans un Thalys: le tireur a embarqué à Bruxelles-Midi (PHOTOS ET VIDEO)
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Renforcement des mesures de sécurité spécifiques en Belgique dès ce vendredi soir

Dès ce vendredi soir, les mesures de sécurité spécifiques seront renforcées en Belgique, a indiqué le porte-parole du Premier ministre à la suite de l'attaque armée qui s'est produite vendredi peu après 18h00 dans le Thalys qui reliait Amsterdam à Paris. Charles Michel a immédiatement convoqué le Comité stratégique du renseignement et de la sécurité en vue d'évaluer le niveau de la menace terroriste. Le Premier ministre, en concertation avec le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, a ensuite demandé un renforcement des mesures de sécurité spécifiques.

"Charles Michel et l'ensemble des autorités belges sont en contact avec les autorités néerlandaises et françaises. Le Premier ministre s'est d'ailleurs entretenu avec le président français François Hollande exprimant leur volonté de renforcer la coopération dans la lutte contre le terrorisme entre la Belgique et la France", a précisé Frédéric Cauderlier.

"Je condamne l'attaque terroriste dans le Thalys et fais part de ma sympathie pour les victimes", a tweeté Charles Michel.

Jean-Hugue Anglade parmi les blessés

L'acteur Jean-Hugues Anglade, qui a joué dans "37º2 le matin" et la série "Braquo", a également été pris en charge par les pompiers. Il s'est légèrement blessé à la main en brisant une vitre pour tirer le signal d'alarme, rapporte le site du journal français.

Sur son compte Twitter, Thalys (filiale de la SNCF, de son homologue belge SNCB et de l'Allemand Deutsche Bahn) indique que "les voyageurs sont en sécurité, la situation est maîtrisée. Le train est à l'arrêt et les services d'urgence sont sur place".

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