Fusillade dans un Thalys: Ayoub El Khazani, qui a résidé en Belgique en 2015, nie être un terroriste (PHOTOS + VIDEOS)

Selon BFM TV, le suspect aurait découvert les armes "par hasard". Ayoub El Khazani déclare qu'il voulait seulement voler les passagers du Thalys. Il est soupçonné d'appartenir à la "mouvance islamiste radicale". Découvrez ses premières déclarations à la cellule anti-terroriste de Paris et la vidéo de sa neutralisation par les 2 militaires américains.

Rédaction en ligne et agences

Le suspect a été interrogé par la cellule antiterroriste de Paris.

Le suspect de l'attaque de vendredi dans le Thalys Amsterdam-Paris conteste le caractère terroriste de son action, une version qui, en l'état des investigations, ne tient pas, a-t-on indiqué samedi de source policière.

De nombreuses vérifications sont en cours mais, selon les premiers éléments de l'enquête, cet homme n'a jamais été emprisonné et n'a pas le profil d'un délinquant de droit commun.

Le suspect serait Marocain et âgé de 26 ans. Selon France 2, il s'agit Ayoub El Khazani. D'après nos confrères de BFM TV, Ayoub El Khazani nie être un terroriste. Les armes ? Découvertes "par hasard". Il précise qu'il n'avait aucune intention de commettre le moindre attentat. Son but: voler les passagers du Thalys.

Il a résidé en Espagne et avait été signalé comme islamiste radical par les autorités espagnoles aux services français. Il faisait donc l'objet d'une fiche "S", ce qui ne signifie pas forcément une surveillance.

Entendu dans un premier temps à Arras, il a été transféré samedi matin dans les locaux de l'antiterrorisme en région parisienne.

Il est soupçonné d'appartenir à la "mouvance islamiste radicale", a déclaré samedi le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Ayoub El Khazani a résidé en 2014 en Espagne puis en 2015 en Belgique.


L'homme était allé de France en Syrie

L'homme interpellé vendredi, soupçonné d'appartenir à la mouvance islamiste radicale, avait voyagé en Syrie depuis la France, a indiqué samedi à l'AFP une source des services de lutte antiterroriste espagnols.

"Il a vécu en Espagne, à Algesiras (Andalousie, sud) pendant un an, jusqu'en 2014, puis a décidé de déménager en France", a indiqué cette source. "Une fois en France, il s'est déplacé en Syrie, avant de rentrer en France", a-t-elle ajouté, confirmant une information d'abord publiée par le quotidien espagnol El Pais.


L'ancienne ministre Inge Vervotte était dans le train

L'ancienne ministre Inge Vervotte a vécu de près l'agression armée à bord du Thalys, vendredi en fin d'après-midi, puisqu'elle était elle-même passagère de ce train, assise quelques wagons plus loin que le tireur.

Contactée par Belga, elle raconte samedi que l'alarme s'est déclenchée dans le train, avant qu'un accompagnateur visiblement très nerveux n'indique qu' "un incident a eu lieu avec un homme avec une kalachnikov, au cours duquel il y a eu des blessés". Les passagers n'ont pas reçu davantage d'informations, mais ont rapidement pu remarquer que le train ne roulait plus sur une voie à grande vitesse en direction de Paris, précise Vervotte, qui se rendait dans la capitale française pour une exposition.

Les passagers autour d'elle n'ont pas paniqué, indique l'ancienne ministre, même si de plus en plus de détails circulaient grâce à ceux qui consultaient des sites d'information sur leur smartphone. Quand le train est arrivé à Arras, la police et les secours étaient déjà sur place. Les passagers ont été accueillis dans une salle de sport, avec de l'eau et de la nourriture.

La politicienne flamande a choisi de quitter relativement rapidement le lieu pour retourner à la gare et prendre un autre Thalys. Elle est arrivée vers minuit à Paris.


"J'ai entendu 'clic-clic-clic', j'ai cru que c'était un jouet"

"Quand il est arrivé, j'ai entendu clic-clic-clic et j'ai cru que c'était un jouet", raconte Damien, 35 ans, sous le choc, passager du Thalys entre Amsterdam et Paris où un homme armé a fait feu vendredi, blessant deux personnes.

"J'étais en train de lire un magazine et lorsque j'ai entendu du bruit dans l'autre wagon, je me suis levé", explique cet homme originaire de Paris, dans un gymnase d'Arras (nord) où ont été accueillis les passagers de ce Thalys.

"Je me suis dit qu'il y avait une embrouille entre deux personnes. J'ai vu alors une personne avec un tee-shirt noir aller au fond de mon wagon, comme s'il s'échappait", détaille-t-il, alors qu'il était en voiture 13.

Une autre personne, le tireur présumé, qui était torse nu, "s'est arrêté entre les deux wagons, il a tiré, ça a fait 'clic-clic-clic', sans faire de coup de feu comme dans les films", a-t-il dit, précisant qu'il n'avait pas entendu le bruit des balles.

"Le mec torse nu est ensuite retourné dans le wagon 12 et une personne avec un tee-shirt vert, rasé, (selon les premiers éléments le militaire américain, ndlr) l'a vu, s'est jeté sur lui et l'a plaqué au sol".

Quand on lui demande à quoi ressemble le suspect, Damien répond: "j'ai vu qu'il était torse nu, assez fin et sec, mais quand il est arrivé, j'ai bloqué sur le flingue", dit-il encore sous le choc d'une scène "qui n'a pas duré plus de quinze secondes".

Christina Cathleen Coons, New-Yorkaise en vacances en Europe, se trouvait, elle, en voiture 12. "Nous avons entendu une fusillade. J'ai entendu des coups de feu, sans doute deux, et un type s'est écroulé", relate-t-elle. "Une femme au fond, peut-être une quarantaine d'années, à côté de son époux, a vu la vitre au-dessus d'elle se briser à cause du coup de feu, la balle aurait pu l'atteindre", glisse cette passagère de 28 ans, menue, cheveux bruns coupés courts.

"Un type est tombé sur le sol et avait du sang partout, apparemment il était touché au cou", poursuit-elle, montrant des photos de la scène, qui font désormais le tour du monde des réseaux sociaux.

Christina Cathleen Coons est resté plaquée au sol, d'où elle a pris ces photos avec son smartphone: "je pensais qu'il y allait avoir une fusillade dans le train", ajoute-t-elle. "Des gens sont venus pour le soigner", raconte-elle encore au milieu du gymnase où le personnel de la Croix-rouge distribue des bouteilles d'eau aux passagers.

D'un pas lent, transportant de nombreux bagages, Amy quitte le gymnase où elle a répondu aux questions de la police judiciaire, comme de nombreux autres passagers du Thalys. Encore choquée, son mari Joe la réconforte. Elle était tranquillement assise dans le train quand la vitre derrière elle s'est soudainement brisée par un impact de balle.

"Nous exprimons notre grande gratitude envers ces messieurs, ces deux hommes qui ont arrêté le tireur. Je n'ai pas vu la fusillade", témoigne cette Américaine, habituée à voyager en Europe avec son mari.

"J'ai vu la vitre tomber au-dessus des épaules de ma femme", explique son mari. "Je remercie ces deux hommes qui avaient un tee shirt des Lakers et un maillot de football. Je suis fier qu'ils aient réagi rapidement, empêchant un désastre", ajoute-t-il, précisant qu'il n'y avait "pas plus de six ou de sept personnes dans ce wagon, une première classe" du Thalys.

Laurent, lui, était monté à Anvers, et était dans le wagon suivant.

"Le personnel du Thalys s'est rué dans notre voiture en courant, on se demandait ce qui se passait", explique ce Parisien d'une quarantaine d'années.

"Une dame est arrivée dans notre train criant 'il a reçu une balle, il perd du sang ! est ce qu'il y a un médecin ?'"

"J'ai hésité à y aller car comme il y avait une blessure par balle, il y avait peut-être un tireur, d'autres personnes sont revenues disant que la personne a été neutralisée, j'y suis allé", explique-t-il.

"J'ai vu une personne au sol, une autre personne lui faisait un garrot au niveau du cou, je le voyais bouger", dit cet homme, qui dit avoir des notions de secourisme.

"La dame était paniquée, demandant pourquoi le train continuait à rouler et pourquoi les secours n'étaient pas là, on l'a rassurée", ajoute-t-il.

"Il y avait aussi une personne ligotée au sol, saucissonnée", dit-il, faisant allusion au tireur.

"Il y a eu énormément de panique", conclut-il, avant de rejoindre la gare d'Arras pour regagner enfin Paris.


Le président américain a souhaité une "rapide et complète convalescence" à toutes les victimes de la fusillade.

Barack Obama a salué l'action "héroïque" de deux militaires américains ayant maitrisé le tireur. M. Obama a exprimé sa "profonde gratitude pour le courage et la réactivité de plusieurs passagers, y compris des membres de l'armée américaine, qui ont de manière altruiste maitrisé l'assaillant".

Il a rendu hommage aux "actions héroïques" qui ont probablement empêché une "tragédie bien pire", précisant que les Etats-Unis allaient rester en "contact étroit" avec les autorités françaises pendant l'enquête qui ne fait que commencer.

Le président américain a souhaité une "rapide et complète convalescence" à toutes les victimes de la fusillade.

Le commandant William Urban, porte-parole du Pentagone, a indiqué à l'AFP "qu'un membre de l'armée a été blessé au cours de l'incident". Selon lui, son pronostic vital n'est pas engagé mais il n'était pas en mesure de donner d'autre détail.

Une source policière française a indiqué que le suspect, si son identité était confirmée, faisait l'objet d'une fiche des services de renseignements. Selon les tout premiers éléments de l'enquête, il serait Marocain ou d'origine marocaine et âgé de 26 ans.

Le Premier ministre belge Charles Michel a qualifié l'incident d'"attaque terroriste".


Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be