Pourquoi les automobilistes chinois "achèvent" leur victime quand ils renversent quelqu'un

Le fléau des accidents-meurtres devient inquiétant dans l'empire du milieu puisque certains chauffards préfèrent tuer leurs victimes plutôt que de payer les sanctions légitimes.

L. Lemaigre
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©Photo News

On croirait entendre une légende urbaine: en Chine, les automobilistes préfèrent s'acharner sur les piétons qu'ils percutent jusqu'à les tuer.


Dans ce pays où la justice est toujours perméable à la corruption et la prise en charge du handicap est très lourde, nombreux sont les conducteurs à faire le choix le plus radical et impardonnable qui soit. Ce qui est interpellant est que non seulement l'histoire est vraie mais elle est surtout banale en Chine.

En 2008 déjà, un reportage télévisé montrait une Passat foncer sur une grand-mère de 64 ans. Les roues de la voiture rebondissaient sur son corps et sa tête. Ensuite, les images de la vidéosurveillance mettent en évidence que le conducteur stoppe son véhicule, avance à nouveau pour écraser la femme, lui roule complètement dessus pour l'aplatir sur l'asphalte. Bien décidé, le conducteur s'acharne encore sur le corps de la grand-mère à deux reprises, en avant puis en arrière, avant de s'éloigner à toute vitesse.

Le plus incroyable dans cette histoire qui ne fait pas exception, c'est que le conducteur-meurtrier ne sera pas reconnu coupable d’homicide volontaire. Celui-ci affirmait avoir cru rouler sur un sac poubelle et le Tribunal le condamnait à trois ans de prison pour "négligence". Le seul élement rare dans cette affaire est que la scène fut entièrement filmée par les caméras de vidéosurveillance. En effet, une multitude d'images et de films démontrant ce type d'affaires se trouvent sur Internet.

Eviter la prise en charge du handicap

Pour beaucoup, ce phénomène des accidents-meurtres est lié en partie à la législation particulière qui régit le dédommagement des victimes. En Chine, les frais à payer si vous tuez une personne sur la route sont relativement modérés. En général, cela oscille entre 25.000 et 45.000 euros, indique le site francophone d'information Slate. Une fois l'argent versé, l'affaire est classée. 

Par contre, quand la victime survit et devient blessée ou handicapée, le conducteur doit prendre en charge tous les soins de la victime durant toute sa vie. Cette prise en charge peut parfois se chiffrer en millions. 

C'est donc parce que la mort est plus "économique" que le handicap que certains automobilistes chinois préfèrent renverser et tuer. 

Réformes législatives en cours

Comme l'indique le site d'informations Slate, la Chine et Taïwan ont adopté des lois visant à éradiquer le fléau des accidents-meurtres. A Taïwan, un article du Code Civil qui empêchait depuis longtemps d'entamer des procédures judiciaires au nom d'un tiers a été réformé. En Chine, la loi dispose à présent que "des collisions répétées doivent être considérées comme homicide". Malgré tout, les juges, la police et les médias croient toujours à des explications invraisemblables de la part du conducteur. 

Ce type d'accidents continue d'exister et certains chauffards-assassins échappent toujours aux sanctions légitimes. En mai dernier, une caméra filmait un camionneur rouler à quatre reprises sur un petit garçon. Le conducteur a prétendu ne jamais avoir remarqué la présence de l'enfant.

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