Attentats de Paris: trois kamikazes français désormais identifiés, Abdeslam Salah activement recherché

Agé de 20 ans, l'un est "l'auteur de l'un des attentats-suicides commis à proximité du Stade de France". L'autre, âgé de 31 ans, est celui qui s'est fait exploser boulevard Voltaire, dans l'est de Paris. La police française a également lancé un appel à témoins pour retrouver un certain Abdeslam Salah.

AFP

Deux autres kamikazes français ayant pris part aux attentats de vendredi à Paris ont été identifiés, après une première identification d'un auteur de l'attaque contre le Bataclan samedi, a annoncé dimanche le procureur de la République de Paris.

Ces deux hommes résidaient en Belgique, a ajouté François Molins dans un communiqué. Agé de 20 ans, l'un est "l'auteur de l'un des attentats-suicides commis à proximité du Stade de France". L'autre, âgé de 31 ans, est celui qui s'est fait exploser boulevard Voltaire, dans l'est de Paris. Le premier des kamikazes français identifiés l'avait été vendredi: il s'agit d'Omar Ismaïl Mostefaï, 29 ans, pour l'instant le seul membre du commando du Bataclan formellement identifié.


Le corps du deuxième kamikaze, retrouvé dans la salle de spectacles du Bataclan à Paris

Il serait français selon une source proche de l'enquête, belge selon une autre.

L'un de ses frères, placé en garde à vue en Belgique, a été remis en liberté, selon une source policière française.

Les services antiterroristes sont sans nouvelles d'un autre membre de la fratrie qui pourrait être l'un des kamikazes ou être en fuite, selon ces sources.

Les trois frères vivaient à Bruxelles, a indiqué une de ces sources, sans être formelle sur leur nationalité : ils sont français selon une source proche de l'enquête, belges selon une autre.

L'un a été identifié comme l'un des kamikazes du Bataclan. Le deuxième a été placé en garde à vue en Belgique. Une source policière a annoncé qu'il avait été remis en liberté.

Les services antiterroristes sont sans nouvelles du troisième. Il pourrait être l'un des kamikazes ou être en fuite, selon les sources proches du dossier. La Belgique a émis un mandat d'arrêt international à son encontre. La police française a, de son côté, diffusé dimanche un appel à témoins concernant un individu "susceptible d'être impliqué dans les attentats parisiens", Salah Abdeslam, également visé par le mandat d'arrêt international émis par la justice belge. Selon BFMTV, Abdeslam Salah serait celui qui aurait loué la Polo noire en Belgique et est considéré comme un "individu dangereux, surtout n'intervenez pas vous-même", conseille la police.

Les papiers de l'un d'entre eux - celui dont les enquêteurs sont sans nouvelles - ont été présentés samedi matin lors d'un contrôle routier à la frontière franco-belge. Les enquêteurs cherchent à déterminer si c'est bien leur authentique détenteur qui les a présentés.

A ce stade, deux des sept kamikazes morts dans les attentats qui ont endeuillé Paris ont été identifiés. Omar Ismaïl Mostefaï, un Français de 29 ans résidant dans la banlieue de Paris, est le premier à l'avoir été.


Le parquet belge dément la libération d'un suspect clé

Le parquet fédéral belge a démenti dimanche soir une source policière française selon laquelle un suspect clé de l'enquête sur les attentats de Paris avait été libéré, précisant que sa garde à vue avait été prolongée.

"Prolongation de la garde à vue décidée par le juge" d'instruction, a répondu à l'AFP un porte-parole du parquet fédéral belge à propos d'un des trois frères soupçonnés d'avoir participé aux attentats et qui a été interpellé en Belgique. La justice belge a émis un mandat d'arrêt international contre un autre membre de la fratrie, qui résidait dans le quartier de Molenbeek à Bruxelles. Le troisième frère a été identifié comme étant l'un des kamikazes qui se sont fait exploser dans la salle de spectacle du Bataclan, où au moins 89 personnes sont mortes, selon des sources françaises proches de l'enquête.


L'enquête se concentre sur la Belgique et sur une fratrie

L'enquête sur les pires attentats perpétrés en France progresse rapidement et s'est concentrée dimanche sur la Belgique où deux des kamikazes avaient résidé, ainsi que sur trois frères dont l'un est recherché.

Parmi les sept auteurs recensés des attaques, les enquêteurs en ont identifié deux. Après Omar Ismaïl Mostefaï, 29 ans, né dans la banlieue parisienne, des sources proches de l'enquête ont annoncé dimanche que le corps d'un deuxième kamikaze avait été identifié. Il était Français selon une source proche de l'enquête, Belge selon une autre.

Deux Français ayant résidé à Bruxelles, dont l'un dans le quartier de Molenbeek, figurent parmi les auteurs des attentats de vendredi soir, a annoncé dimanche le parquet fédéral belge.

Deux voitures - une Polo et une Seat noires - utilisées par les assaillants et retrouvées à Paris ou la proche banlieue après les attentats avaient en outre été louées en début de semaine en Belgigue, a-t-il précisé.

La Seat, aperçue par des témoins sur les lieux des fusillades contre des bars et restaurants dans l'est parisien, était chargée de plusieurs fusils d'assaut kalachnikov. Elle a été retrouvée à Montreuil, dans la banlieue est de Paris.

La Polo avait été auparavant découverte à proximité de la salle de spectacles du Bataclan, théâtre du plus gros bain de sang avec 89 morts, où trois kamikazes sont morts en activant leur ceinture d'explosifs.

Au total, trois équipes de jihadistes sont soupçonnées d'avoir semé la mort vendredi - 129 tués et plus de 350 blessés - entre le Bataclan, des quartiers de l'Est parisien et le Stade de France.

Les enquêteurs cherchent à établir si certains assaillants ont pu s'échapper et s'il figurent parmi les suspects arrêtés en Belgique.

Au total, sept personnes ont été interpellées en Belgique depuis samedi. L'une d'elles avait loué un des deux véhicules et a été repérée lors d'un contrôle samedi matin à Cambrai (nord de la France), près de la frontière belge.

Comme les deux Français kamikazes, d'autres personnes interpellées résidaient à Molenbeek, une commune bruxelloise où un réseau aurait donc été constitué pour préparer les attentats.

Trois frères retiennent particulièrement l'attention des enquêteurs, dont l'un est mort dans les attentats. Un autre, placé en garde à vue en Belgique, a été libéré, selon une source policière française, une information toutefois démentie par le parquet belge.

La Belgique a émis un mandat d'arrêt international contre le troisième frère.

Les auteurs de plusieurs attentats jihadistes, dont le responsable présumé de la tuerie au Musée juif de Bruxelles en 2014, Mehdi Nemmouche, ont séjourné à Molenbeek, quartier populaire à forte population immigrée.

Les attaques de Paris, coordonnées, ont été revendiquées par le groupe Etat islamique, cible des chasseurs-bombardiers français depuis un an en Irak et depuis septembre en Syrie.

En France, les enquêteurs entendent aussi depuis samedi sept personnes, membres de la famille de Omar Ismaïl Mostefaï, le premier assaillant identifié. Le père ainsi qu'un frère et la femme de ce dernier sont notamment en garde à vue.

Le kamikaze, dont le corps déchiqueté a été retrouvé au Bataclan, était fiché depuis 2010 pour radicalisation islamiste mais n'avait pas de lien connu avec les filières jihadistes, selon la justice française.

Selon une source proche de l'enquête, Mostefaï fréquentait assidûment la mosquée de Lucé, près de Chartres (centre), et a probablement séjourné en Syrie en 2014.

Il était "parti au bled", en Algérie, avec sa famille et "sa petite fille", a affirmé son frère de 34 ans qui a affirmé ne plus avoir de nouvelles de lui depuis un moment.

Les enquêteurs ont aussi mis la main, près du corps d'un kamikaze du Stade de France, sur au moins un passeport syrien appartenant à un migrant arrivé en Grèce le 3 octobre.

Dix mois après les attaques contre le journal satirique Charlie Hebdo et le magasin Hyper Cacher, qui avaient fait 17 morts en janvier, ces attentats ont replongé la France dans la douleur et le recueillement.

Un deuil national de trois jours est observé depuis dimanche. Musées et salles de spectacle sont restées fermées dans la capitale. Les marchés de plein air, lieu de balade traditionnel le dimanche, n'ont pas été autorisés.


Athènes communique le nom du titulaire du passeport syrien

Le passeport syrien trouvé près du corps d'un des auteurs des attentats à Paris vendredi soir est au nom de Ahmad alMohammad, 25 ans, et a été présenté par un demandeur d'asile arrivé en Grèce avant de prendre la route des Balkans, a indiqué Athènes dimanche. Iannis Mouzalas, le ministre à la Politique migratoire, a annoncé lors d'un point de presse que l'homme portant ce passeport a été enregistré sur l'île de Leros, en face des côtes turques, le 3 octobre, a quitté la Grèce à une date inconnue et a été repéré pour la dernière fois en Croatie quelques jours plus tard.

"C'est la seule personne au sujet de laquelle nous ayons reçu une demande de la part des autorités françaises", a indiqué le ministre.

Le quotidien serbe Blic avait auparavant publié une photographie montrant "un passeport syrien au nom de Ahmad alMohammad (qui) avait effectué toute la route des Balkans".

Dans un communiqué, le ministre serbe de l'Intérieur a déclaré que le même passeport avait été ensuite enregistré à Presevo (frontière entre la Macédoine et la Serbie), où son détenteur avait formellement demandé l'asile.

"Il a été établi que ces données correspondent à celles d'une personne identifiée le 3 octobre en Grèce. Il n'y avait pas de mandat d'arrêt d'Interpol concernant cette personne", a ajouté le ministre.

La police française avait indiqué samedi qu'un passeport syrien avait été découvert "près du corps" de l'un des auteurs des attentats au Stade de France.

Une source française a confirmé à l'AFP que ce passeport portait bien le nom de Ahmad alMohammad, né le 10 septembre 1990, inconnu des services antiterroristes français.

La même source avait souligné qu'on ne pouvait cependant rien en conclure de manière certaine, car il n'a pas encore été établi que le propriétaire du passeport était bien l'un des trois hommes qui se sont fait exploser près du stade pendant le match France-Allemagne.


Sur le même sujet

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be