Disparition de Delphine Jubillar: le mari reste en prison

La justice a une nouvelle fois refusé de libérer Cédric Jubillar, principal suspect après la disparition voici près d'un an de sa femme Delphine, infirmière à Albi et mère de leurs deux enfants.

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Disparition de Delphine Jubillar: le mari reste en prison
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Le peintre-plaquiste de 34 ans, qui se dit innocent, a été écroué en juin, six mois après que son épouse a disparu, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020.

Le couple était en instance de divorce.

"La demande de remise en liberté a été rejetée. La motivation est identique aux précédentes, la cour a estimé que des investigations étaient en cours et devaient se dérouler en maintenant Cédric Jubillar en détention. Une nouvelle demande sera formulée lorsque ces investigations auront progressé", a déclaré à l'AFP Jean-Baptiste Alary, un des avocats de Cédric Jubillar.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse a rejeté lundi sa demande de remise en liberté, comme elle l'avait déjà fait deux mois plus tôt. Les avocats en ont été notifiés par courrier électronique.

La justice avait également ordonné le maintien en détention provisoire du mari lorsqu'il en avait fait appel au mois de juillet.

"Pas de charges suffisantes"

"Il se dit toujours innocent des faits qui lui sont reprochés, et nous continuerons à nous battre pour que cela soit démontré, a averti Me Alary. On continue de dire qu'il n'existe pas de charges suffisantes contre lui ou d'indices graves et concordants."

Cédric Jubillar, qui travaillait comme intérimaire dans le secteur du bâtiment, nie toute responsabilité.

Au lendemain de la disparition de sa femme, il avait participé à une battue organisée par les gendarmes, puis à une marche blanche au printemps.

Delphine Jubillar, infirmière de nuit dans une clinique d'Albi et alors âgée de 33 ans, a été vue pour la dernière fois dans leur maison de Cagnac-les-Mines, dans le Tarn.

C'est son mari qui avait donné l'alerte et appelé les gendarmes.

Mis en examen pour homicide volontaire le 18 juin et aussitôt placé en détention provisoire à la maison d'arrêt de Seysses, près de Toulouse, il est détenu à l'isolement, ce que contestent également ses avocats.

"Nous estimons que tout pourrait se dérouler de la même manière s'il était libre", a indiqué lundi sur les marches du palais Alexandre Martin, un autre avocat de la défense de Cédric Jubillar.

"Ni preuves, ni corps"

Après un interrogatoire le 15 octobre dans le bureau des juges, le principal suspect doit à nouveau répondre le 3 décembre aux questions des deux magistrates en charge de l'enquête.

Les avocats de la défense envisagent de déposer une nouvelle requête après ce second interrogatoire.

Sa demande de remise en liberté avait été examinée le 17 novembre à huis clos par la chambre de l'instruction. Avant que la salle d'audience se vide, Cédric Jubillar avait alors lancé en direction des journalistes: "Je suis innocent, je n'ai pas tué Delphine".

Les avocats de proches de Delphine, constitués partie civile, se sont prononcés pour un maintien en détention. "Pour la nécessité de l'enquête", a notamment plaidé Laurent de Caunes.

De leur côté, les avocats de Cédric Jubillar estiment que la présomption d'innocence est bafouée depuis cinq mois, que la détention est "abusive".

"Il n'y a ni preuves, ni corps, ni scène du crime", dénonce ainsi Emmanuelle Franck.

Selon Me Martin, il existe "d'autres pistes qui n'ont pas été développées et nous allons faire en sorte qu'elles le soient".

De nombreuses recherches ont été entreprises par les gendarmes dans la maison et aux alentours de Cagnac-les-Mines.

Régulièrement, des amies de l'infirmière se rassemblent et arpentent aussi champs et bois autour du village en quête d'indices.

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