Le chef de la diplomatie ukrainienne accuse des soldats russes de viols

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba a accusé vendredi des soldats russes de "violer des femmes dans les villes ukrainiennes occupées", demandant la création d'un tribunal pénal spécial pour juger le "crime d'agression" commis par Vladimir Poutine.

Le chef de la diplomatie ukrainienne accuse des soldats russes de viols
©AP

M. Kouleba s'exprimait depuis l'Ukraine dans le cadre d'une réunion en ligne organisée par Chatham House, un institut basé à Londres qui suit les relations internationales, en présence notamment de l'ancien Premier ministre britannique Gordon Brown.

"Quand les bombes pleuvent sur vos villes, que des soldats violent des femmes dans des villes occupées, et nous avons malheureusement de nombreux cas de soldats russes qui violent des femmes dans les villes ukrainiennes, c'est difficile évidemment de parler de l'efficacité du droit international", a affirmé le ministre ukrainien.

"Mais c'est notre seul outil disponible pour nous assurer qu'à la fin, tous ceux qui ont rendu cette guerre possible soient amenés devant la justice et pour que la Fédération russe, comme pays ayant commis un acte d'agression, soit elle aussi tenue pour responsable", a-t-il ajouté.

Un tribunal spécial

Huit jours après l'invasion russe de l'Ukraine, M. Kouleba s'est dit en faveur de la création d'un tribunal pénal spécial pour juger le "crime d'agression "russe en Ukraine, une initiative portée par des dizaines de spécialistes du droit international et des personnalités politiques et littéraires telles l'ex-Premier ministre britannique Gordon Brown ou l'écrivain américain Paul Auster.

"Il nous manque une arme cruciale dans le combat légal contre Poutine", a affirmé M. Brown, qui a signé un appel à la création d'une juridiction spéciale pour "combler le vide" laissé par la Cour pénale internationale (CPI).

Ouverture d'une enquête de la CPI

La CPI a annoncé lundi l'ouverture d'une enquête sur la situation en Ukraine, évoquant de possibles "crimes de guerre" et des "crimes contre l'humanité". Mais elle ne peut pas poursuivre pour "crime d'agression" --l'attaque d'un Etat contre un autre planifiée par un dirigeant politique ou militaire-- si ce pays n'a pas ratifié le Statut de Rome, ce qui est le cas de la Russie et de l'Ukraine.

Mais "la plupart des gens seront d'accord pour que cet acte d'agression (par la Russie en Ukraine) fasse l'objet d'investigations, soit poursuivi et puni", a estimé M. Brown.

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