Election présidentielle 2022: que se passe-t-il si un candidat décède ?

Quelles conséquences sur le scrutin si Emmanuel Macron ou Marine Le Pen, les deux candidats en lice au second tour de l'élection présidentielle française, décédaient ? La loi française a tout prévu, même ce cas de force majeure.

Bulletin de vote pour le deuxième tour de l'élection présidentielle française 2022
©AFP

Est-ce que l'élection est reportée si un candidat meurt pendant la campagne présidentielle? Bien que cela ne s'est encore jamais produit, la loi française a bien prévu l'éventualité d'un malheur qui arriverait à l'un des candidats. Une révision constitutionnelle votée en 1976 sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing prévoit toutes les possibilités en cas de "décès ou d'empêchement" d'un candidat. Notons qu'on parle d'"empêchement" quand un candidat n'est plus à même d'exercer ses fonctions, par exemple pour des raisons de santé.

Avant le dépôt des candidatures:

Voici ce que dit l'article 7: "Si, dans les sept jours précédant la date limite du dépôt des présentations de candidatures, une des personnes ayant, moins de 30 jours avant cette date, annoncé publiquement sa décision d'être candidate décède ou se trouve empêchée, le Conseil constitutionnel peut décider de reporter l'élection." Autrement dit, l'élection peut éventuellement être reportée, mais ce n'est pas une obligation. Cela dépendrait par exemple de l'éventuel impact de cette disparition dans le scrutin électoral. Un candidat comme Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron ou Marine Le Pen pèse beaucoup plus lourd dans les sondages qu'un Philippe Poutou ou une Nathalie Arthaud.

Avant le premier tour:

Dès lors que tous les candidats sont officiellement déclarés, le même article 7 de la Constitution française est clair si l'un d'eux venaient à décéder. "Si, avant le premier tour, un des candidats décède ou se trouve empêché, le Conseil constitutionnel prononce le report de l'élection." Une autre date électorale doit, au minimum, être fixée.

Entre les deux tours:

Le décès d'un candidat entre le premier tour et le deuxième tour pourrait avoir des conséquences importantes. "En cas de décès ou d'empêchement de l'un des deux candidats les plus favorisés au premier tour avant les retraits éventuels, le Conseil constitutionnel déclare qu'il doit être procédé de nouveau à l'ensemble des opérations électorales ; il en est de même en cas de décès ou d'empêchement de l'un des deux candidats restés en présence en vue du second tour." Si Marine Le Pen ou Emmanuel Macron décédait avant ce dimanche 24 avril, l'élection présidentielle serait donc totalement reportée et la campagne électorale recommencerait à zéro, avec un nouveau dépôt de candidatures. La loi prévoit aussi que cette élection doit se tenir dans les 35 jours après l'annonce du report par le Conseil constitutionnel, même si cela reste très théorique.

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