Mot de passe, gardes armés jusqu'aux dents et portes blindées: dans le bunker secret de Volodymyr Zelensky

Début mai, un journaliste australien a pu rencontrer le président ukrainien dans son bunker, à Kiev.

Mot de passe, gardes armés jusqu'aux dents et portes blindées: dans le bunker secret de Volodymyr Zelensky
©AP

Depuis l'invasion de l'Ukraine par les troupes russes, le 24 février dernier, le président ukrainien Volodymyr Zelensky subit des menaces de mort quasi quotidiennes. Dix tentatives d'assassinat ont déjà été déjouées par sa garde protégée. Face à ce danger omniprésent, la figure de proue de la résistance ukrainienne a été contrainte de se retrancher dans un bâtiment tenu secret, à Kiev.

Début mai, Tom Steinfort, reporter pour "60 Minutes" - un programme australien d'enquêtes - a eu la chance de rencontrer Zelensky dans son bunker. Dans une opinion publiée dans The Sydney Morning Herald, le journaliste raconte les coulisses de son périple.

La veille de son interview avec le président ukrainien, Tom Steinfort reçoit un SMS contenant des informations secrètes: "Voici votre code d'accès pour rencontrer le président ... merci d'être ponctuel".

Le lendemain, le journaliste et son équipe se rendent au lieu de rendez-vous. "Après avoir franchi des barrages routiers surveillés par des forces spéciales armées, notre équipe est conduite à pied dans une ruelle cachée, qui nous mène à une cour sombre", explique Tom Steinfort. "Là, d'autres soldats se tiennent devant un portail en acier. Ils vérifient nos passeports, et nous dirigent vers l'enceinte intérieure du complexe."

"Nous sommes alors contraints de placer tout notre équipement dans des scanners à rayons X - les mêmes qu'à l'aéroport - et de nous soumettre à de nouveaux contrôles de passeport. Ensuite, la brigade canine est chargée d'inspecter nos affaires à la recherche d'explosifs", poursuit le journaliste.

"Nous ne pouvons pas risquer un empoisonnement"

Une fois à l'intérieur, l'équipe de journalistes remet alors des cadeaux au président. "Nous voulions leur offrir une bouteille de vin et un paquet de Tim Tam, des célèbres biscuits australiens", explique le journaliste. "Mais ce que nous pensons être un présent, les gardes ukrainiens l'ont vu comme une menace." Les soldats confisquent en effet les cadeaux pour les faire analyser. "Nous ne pouvons par risquer un empoisonnement", justifie la garde approchée du président.

Tom Steinfort décrit l'intérieur du bâtiment comme un "véritable bunker de guerre". Si des lustres, des oeuvres d'art et quatre drapeaux ukrainiens géants ornent les murs, l'intérieur du complexe n'en est pas moins inhospitalier. "Les couloirs sont plongés dans le noir complet - toutes les lumières sont éteintes et les fenêtres sont recouvertes de sacs de sable - afin que le complexe ne puisse pas être vu par d'éventuels bombardiers russes. Certaines portes sont bloquées par des classeurs empilés les uns sur les autres et des chaises qui les renforcent."

Dans une autre enquête, le magazine Time précise que les rues autour du complexe de Zelensky sont un véritable labyrinthe de "checkpoints" et de barricades. Aucune voiture ne peut s'en approcher. Pour les riverains qui habitent la zone, l'accès est conditionné par un mot de passe . "Ces mots de passe secrets changent tous les jours. Ce sont souvent des phrases absurdes, des phrases qu'il serait difficile pour un Russe de prononcer", révèle le Time.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be