"Sang, sueur et larmes": des images inédites du 6 janvier 2021 rappellent l'extrême violence de l'assaut du Capitole

Des dizaines de journalistes, de politiques et d'employés du Congrès se sont entassés pour l'occasion dans la Cannon Caucus Room, sur la colline du Capitole, le brouhaha de leurs conversations s'éteignant avec les discours d'ouverture des responsables de la commission d'enquête puis la projection de vidéos du chaos sur écran géant.

AFP
"Sang, sueur et larmes": des images inédites du 6 janvier 2021 rappellent l'extrême violence de l'assaut du Capitole
©AP

Ces images, pour la plupart inédites, ont fourni un récit minute par minute de l'émeute qui voulait renverser le résultat de la présidentielle de 2020, remportée par le rival démocrate de M. Trump, l'actuel président Joe Biden.

On a pu voir les manifestants, aiguillonnés par des membres de la milice d'extrême droite Proud Boys, forcer la résistance policière, puis les agents tenter désespérément de contenir la foule qui escaladait les échafaudages et lançait des chaises. En vain.

Dans la salle, le public regardait dans un silence solennel. Certains ont sorti leur téléphone portable pour filmer les images projetées et capturer ce moment historique.

Une vidéo juxtaposait des images d'insurgés envahissant le complexe avec des images de la foule parcourant les couloirs du Capitole et un enregistrement audio de Donald Trump saluant des manifestants "pacifiques".

Commotion cérébrale

La policière Caroline Edwards a témoigné de la violence de cette journée qui a choqué aux Etats-Unis et dans le monde, au cours de laquelle elle a été victime d'une commotion cérébrale lorsqu'elle s'est blessée à la tête sur les marches du Capitole après avoir été renversée par le déferlement de la foule.

Elle a parlé du "sang, de la sueur et des larmes" qu'elle a versés "ce jour-là pour défendre le bâtiment".

L'audition, méticuleusement organisée et calibrée pour sa retransmission télévisée, était la première opportunité pour la commission de présenter au public ce qu'elle a appris des plus de 1.000 témoins interrogés et des 140.000 documents passés au peigne fin.

Sa mission centrale était de tenter d'identifier les catalyseurs de la violence de cette journée sans précédent.

Mais les enquêteurs ont également été chargés d'évaluer l'étendue des nombreuses tentatives suspectes de Donald Trump de s'accrocher au pouvoir, et la manière dont elles ont contribué à l'effusion de sang.

"N'importe quoi"

Ont été projetés jeudi soir des extraits d'entretiens enregistrés avec des responsables de l'administration Trump et de son équipe de campagne, qui ont dit aux membres du cercle restreint de l'ex-président que rien ne justifiait de renverser les résultats de l'élection.

Le ministre de la Justice sous Trump, Bill Barr, est ainsi montré disant aux enquêteurs que les allégations de fraude du président défait, impliquant de supposées machines à voter manipulées, étaient "absolument n'importe quoi".

La fille et ancienne conseillère de M. Trump, Ivanka Trump, parlant pour la première fois des allégations de fraude, a elle été montrée disant qu'elle "acceptait" leur rejet par M. Barr.

En l'absence de pouvoirs de poursuite réels - le ministère de la Justice mène une enquête criminelle parallèle - la commission considère que son travail consiste à condamner M. Trump devant le tribunal de l'opinion publique.

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