Une écrivaine victime d'un torrent d'insultes sur les réseaux sociaux après le bac de français : "Quels adultes vont-ils devenir ?"

Un extrait du roman "Jours de colère" de l'écrivaine Sylvie Germain était proposé à l'épreuve du baccalauréat de français. Depuis une semaine les candidats se déchaînent sur les réseaux sociaux à propos de l'auteure et de l'extrait, qu'ils n'ont visiblement pas compris.

Une écrivaine victime d'un torrent d'insultes sur les réseaux sociaux après le bac de français : "Quels adultes vont-ils devenir ?"
© MaxPPP

Polémique. Jeudi dernier, les lycéens français de première passaient l'épreuve écrite anticipée du baccalauréat de français. Parmi les exercices proposés : un commentaire de texte, qui reprenait un extrait du roman "Jours de colère" de l'écrivaine Sylvie Germain, prix Fémina en 1989.

Le texte décrit neufs frères, sorte d’hommes des bois élevés dans les forêts du Morvan à une période passée indéterminée. Les élèves devaient interroger la manière dont l'environnement avait façonné les personnages. Un extrait visiblement jugé trop complexe pour les lycéens, qui depuis une semaine s'en prennent, parfois violemment, à l'auteure sur les réseaux sociaux.

D'autres internautes ont pris la défense de Sylvie Germain, dénonçant une violence gratuite et le faible niveau des élèves concernés.

"Ils veulent des diplômes sans aucun effort"

Sylvie Germain, véritablement victime de cyber-harcèlement, a répondu aux élèves dans une interview donnée au Figaro Etudiant. L'écrivaine a été "touchée" d'apprendre que son texte avait été sélectionné pour le bac de français. Si elle relativise en disant ne pas se sentir personnellement concernée, elle "s'inquiète du symptôme" que cette polémique révèle.

"C’est grave que des élèves qui arrivent vers la fin de leur scolarité puissent montrer autant d’immaturité, et de haine de la langue, de l’effort de réflexion autant que d’imagination, et également si peu de curiosité, d’ouverture d’esprit", a-t-elle déclaré à nos confrères.

"Ils veulent des diplômes sans aucun effort, se clament victimes pour un oui pour un non (...) . Quels adultes vont-ils devenir ?", s'est-elle interrogée, dénonçant une “flambée de rage (...) aussi absurde qu’affligeante”.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be