À peine nommé, le nouveau gouvernement français est déjà en équilibre instable

L’exécutif pourrait déjà sauter vendredi en cas de motion de censure votée par l’opposition.

À peine nommé, le nouveau gouvernement français est déjà en équilibre instable
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À peine nommé, le nouveau gouvernement français, né du remaniement orchestré par le président Emmanuel Macron, pourrait-il déjà tomber ? Lundi après-midi, quelques minutes seulement après la désignation des nouveaux ministres, Mathilde Panot, la députée de la France insoumise, parti de Jean-Luc Mélenchon, a annoncé, sur Twitter, que son groupe comptait déposer une motion de censure envers le nouveau gouvernement dirigé par la première ministre Elisabeth Borne. "Madame Borne, écrit la députée sur Twitter, on ne maltraite pas la démocratie impunément. Nous vous ferons donc venir de force devant le Parlement. Dès ce mercredi, nous déposerons une motion de censure contre le gouvernement."

Quelques instants plus tard, la députée LFI en rajoutait une couche : "Élisabeth Borne est donc la dernière Première ministre d'Europe en représentativité des partis avec 25,8 % des votants et 12,2 % des inscrits. Le vote de confiance devant le Parlement lui apparaît toujours comme inutile ?"

L’origine du courroux de la députée LFI - mais également de l’ensemble de son parti - réside dans le fait que la Première ministre, Elisabeth Borne, ne compterait pas solliciter de vote de confiance de la part de l’Assemblée nationale ce mercredi, dans la foulée du prononcé de son discours de politique générale. Ce qui constituerait une première depuis trente ans et la déclaration de politique générale de Pierre Bérégovoy, sous Mitterrand.

Pour pouvoir être votée, la motion devra être déposée par au minimum 58 députés de l’Assemblée nationale, la France Insoumise en ayant fait élire 75 lors des dernières élections législatives. La motion de censure serait ensuite votée vendredi et son issue serait favorable si elle obtient la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Soit 289 députés. Si la motion est adoptée - mais cela s’annonce compliqué au vu des déclarations des autres partis -, le gouvernement, dans son intégralité, serait alors contraint de démissionner. Charge alors à Macron de composer un nouveau gouvernement ou, devant l’impasse, de dissoudre l’Assemblée nationale et d’appeler à de nouvelles élections.

Une motion de censure qui serait un véritable camouflet pour un gouvernement nouveau-né. Une équipe exécutive dont ont été éclipsés cinq membres. À commencer par Damien Abad, véritable caillou dans la chaussure de Macron puisque visé par une enquête pour tentative de viols après la plainte d'une femme et d'un troisième témoignage à son encontre lundi. Il est remplacé par le patron de la Croix-Rouge, Jean-Christophe Combe. À l'inverse de M. Abad, Chrysoula Zacharopoulou, la secrétaire d'État chargée du Développement, qui fait face à deux plaintes pour viol déposées par des patientes de son cabinet de gynécologie, a été confirmée dans ses fonctions.

Au final, Olivier Véran conserve le portefeuille de du "Renouveau démocratique", mais abandonne en revanche le particulièrement exposé ministère des Relations avec le Parlement, qui échoit à Franck Riester, jusqu’alors titulaire du portefeuille du Commerce extérieur. Christophe Béchu, un proche d’Edouard Philippe, est quant à lui promu ministre de la Transition écologique. Parmi les autres entrants issus de la société civile, on retrouve l’urgentiste François Braun qui devient ministre de la Santé et de la Prévention. On notera aussi le retour de l’ex-ministre Marlène Schiappa, nommée secrétaire d’État chargée de l’Économie sociale et solidaire et de la vie associative.

Quoi qu'il arrive, le nouveau gouvernement sera en équilibre instable en l'absence de majorité présidentielle à l'Assemblée nationale. Ce qui rendra d'autant plus compliquée l'adoption de projets de loi et réformes.

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