"Titanic", "Jeu de chaises musicales", "Fin de règne": les opposition raillent le nouveau gouvernement français

Un "non-évènement" reflétant un "pouvoir en voie de décomposition": le remaniement gouvernemental lundi a été accueilli par un tir de barrage du côté de la France insoumise tandis que le RN accusait Emmanuel Macron d'ignorer "une nouvelle fois" le résultat des législatives.

"Titanic", "Jeu de chaises musicales", "Fin de règne": les opposition raillent le nouveau gouvernement français
©AFP

Un "non-événement" et le signe d'un "pouvoir en voie de décomposition": les oppositions ont convergé lundi pour tailler en pièces le remaniement gouvernemental et railler un simple "jeu de chaises musicales", loin du renouveau démocratique promis par Emmanuel Macron.

Très offensifs, les Insoumis ont décoché les premières flèches sur Twitter avant même l'annonce du nouveau casting gouvernemental, marqué par cinq départs et 19 entrants quasiment tous issus du camp présidentiel.

"Rien de nouveau sous le ciel gris du gouvernement (...). Un petit jeu de chaises musicales, de rares nouveaux profils évidemment acquis aux vieilles recettes neolibérales", a fustigé la députée LFI Clémentine Autain, attribuant par ailleurs à "la seule pression féministe" l'éviction du ministre des Solidarités Damien Abad, visé par une enquête pour tentative de viols.

La cheffe de file des Insoumis à l'Assemblée Mathilde Panot s'est, elle, félicitée de la fin d'une "aberration", assurant que M. Abad "n'aurait jamais dû être nommé" au gouvernement.

Plus généralement, ce nouveau gouvernement a, selon les Insoumis, des allures de "générique de fin" (Alexis Corbière) ou de "Titanic" avec "peu de volontaires pour grimper à bord" (Manuel Bompard).

Au sein des autres formations de la Nupes, le ton était critique mais plus mesuré.

Côté EELV, Sandrine Rousseau s'étonnait de "n'avoir jamais croisé (...) sur la moindre lutte écologiste" le nouveau ministre de la Transition écologique Christophe Béchu et affirmait que "l'homophobie se renforce au gouvernement", avec l'arrivée de ministres qui s'étaient opposés au mariage pour tous.

En attente de la déclaration de politique générale prévue mercredi, le député socialiste Boris Vallaud mettait lui l'accent sur le flou entourant "la feuille de route" de l'exécutif. "Quelles conséquences Emmanuel Macron tire-t-il de la défaite aux législatives ? Nous attendons", s'est-il interrogé.

Son de cloche similaire chez le secrétaire national du PCF Fabien Roussel. "Peu importe le casting, c'est la politique qui va être menée qui est déterminante (...) Ce n'est pas la composition du gouvernement qui fait la différence, ça va être le discours de politique générale", a-t-il déclaré sur Twitter.

Darmanin ciblé par le RN

De son côté, le RN croit voir dans le remaniement le reflet d'une certaine cécité du chef de l'Etat, quelques semaines après des législatives qui l'ont privé de la majorité absolue.

"Ceux qui ont échoué sont tous reconduits. Le Président de la République ignore ainsi une nouvelle fois le verdict des urnes et la volonté des Français d'une autre politique", a estimé la cheffe de file des députés RN Marine Le Pen.

"On continue, on prend les exactement les mêmes et on recommence. Mais pour aller où ?", a ironisé le président par intérim du RN Jordan Bardella tandis que le porte-parole du parti ciblait la reconduction de Gérald Darmanin à l'Intérieur avec un portefeuille élargi à l'Outre-Mer.

"Après le fiasco du Stade de France, les mensonges à répétition, l'incapacité à gérer la submersion migratoire et l'ensauvagement, Gérald Darmanin est.... promu!?!", a lancé Laurent Jacobelli.

Sur le plateau de BFMTV, le député RN de l'Oise Philippe Ballard a toutefois pris ses distances avec les appels de LFI à censurer le gouvernement mercredi si la Première ministre Elisabeth Borne ne se soumettait pas à un vote de confiance. "Si c'est pour bêtement faire la procédure, ça n'a pas beaucoup d'intérêt", a-t-il déclaré.

Vice-président RN de l'Assemblée nationale, Sébastien Chenu s'est lui félicité du remplacement d'Olivier Véran à la tête du ministère des Relations avec le Parlement, coupable d'avoir situé le RN hors de "l'arc républicain". "C'est une bonne chose", a-t-il déclaré sur franceinfo TV.

Vus par certains macronistes comme une possible force d'appoint à l'Assemblée, les Républicains semblaient eux dans la retenue.

Si le député Pierre-Henri Dumont a senti une ambiance de "fin de règne", le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau a préféré se projeter vers l'avant. "Une seule chose compte désormais : que ce gouvernement se mette enfin au travail après deux mois d'inaction", a-t-il tweeté, Il y a tant de choses à faire pour relever la France et tant de temps a déjà été perdu".

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