Un nouveau rapport accablant et polémique autour du choix du nouveau directeur : l'IHU de Didier Raoult à nouveau visé par les critiques

Si son nom est ressorti du processus de sélection pour la direction de l'IHU de Marseille, le choix du microbiologiste, proche de Didier Raoult, Pierre-Edouard Fournier, interroge.

La Rédaction avec AFP
Un nouveau rapport accablant et polémique autour du choix du nouveau directeur : l'IHU de Didier Raoult à nouveau visé par les critiques
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Après huit mois d'auditions, le jury de sélection chargé de trouver le remplaçant du docteur Raoult à la tête de l'Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection avance un seul nom, celui de Pierre-Edouard Fournier.

Pourtant, ce microbiologiste de 26 ans est loin de convaincre à l'extérieur de l'établissement, rapporte ce mercredi le journal Le Monde. Et pour cause : il a réalisé toute sa carrière "dans l'ombre" du controversé microbiologiste marseillais Didier Raoult. Ainsi, en mai 2021 il cosignait notamment avec lui un courrier dans la revue The Lancet dans lequel ils estimaient que "le vaccin ne protège ni de l'hospitalisation, ni des formes graves" du Covid-19. Il s'est depuis efforcé de se distancier de son mentor, comme lorsqu'il a signé l'appel à la vaccination au début de l'année 2022, lancé par les hôpitaux universitaires de Marseille. Il était l'un des seuls de son centre hospitalier à le faire.

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Un de ses collègues proches condamné pour agression sexuelle

De plus, ses liens avec Eric Ghigo, un autre scientifique du même établissement condamné ce lundi à dix-huit mois de prison dont six ferme pour agression sexuelle et harcèlement moral et sexuel sur des collègues féminines, sont également pointés du doigt. Lors du procès devant le tribunal correctionnel de Marseille, Pierre-Edouard Fournier a été cité comme témoin de la défense, indique le Monde. Il a assuré "ne jamais avoir été témoin d'aucun agissement répréhensible", de la part d'Eric Ghigo. Les deux confrères ont également cosigné de nombreuses études ensemble ou collaboré dans une des start-up de l'IHU," Techno Jouvence", dont Didier Raoult est également l'un des actionnaires.

Finalement, le comité d'éthique de l'IHU est accusée de "graves manquements dans le domaine des recherches impliquant des personnes". Et c'est Pierre-Edouard Fournier qui en était le secrétaire entre 2016 et 2020.

Cette nomination sera étudiée par le conseil d'administration de l'établissement le 13 juillet prochain.

Un nouveau rapport accable l'IHU

L'IHU de Marseille, dirigé de longue date par Didier Raoult, a été le théâtre de nombreuses dérives, sur le plan social comme sanitaire, selon des extraits d'un rapport relayé mercredi par le journal La Provence.

Ce rapport, auquel l'AFP n'a pas eu accès, est réalisé par l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), qui dépend de plusieurs ministères dont celui de la Santé. Il couvre un champ plus large qu'un précédent rapport, déjà cinglant, publié quelques semaines plus tôt par l'agence du médicament (ANSM).

Les patients soignés à l'IHU se voient notamment donner "des prescriptions qui ne respectent pas le code de la santé publique, ce qui est de nature à relever d'une qualification pénale", selon un extrait de ce rapport cité par la Provence.

Ces prescriptions comprennent notamment un traitement anti-Covid à base d'hydroxychloroquine. Malgré l'inefficacité de ce médicament contre le Covid, M. Raoult s'en est fait le promoteur depuis le début de la pandémie, acquérant de ce fait une importante célébrité médiatique.

Selon La Provence, le rapport de l'Igas conclut que les médecins de l'IHU ont été sous pression de leur direction pour prescrire ce traitement, ainsi que de l'ivermectine, un autre médicament dont les bénéfices anti-Covid n'ont jamais été avérés.

Sur le plan scientifique, le rapport dénonce aussi de mauvaises pratiques en matière de recherche: les équipes de l'IHU publient certes beaucoup, mais dans des revues de qualité médiocre.

Ces recherches seraient souvent menées de manière biaisée, là encore sous la pression de la direction. De jeunes chercheurs en viennent à "édulcorer volontairement les résultats et les données ou supprimer des choses qui ne marchent pas, pour ne pas subir de pression", selon un extrait du rapport.

Celui-ci évoque, plus largement, un fonctionnement très autoritaire de la direction de M. Raoult, qui a mis en place une "logique de soumission".

Sur 300 employés interrogés, une cinquantaine ont ainsi fait part "d'une situation allant du malaise à une forte souffrance liée à leur activité professionnelle".

Cette fuite intervient alors que ce rapport doit encore être finalisé avec, notamment, les réponses de l'IHU de Marseille.

Elle a, en outre, lieu une semaine avant une réunion du conseil d'administration pour donner un successeur à M. Raoult.

Un comité scientifique a recommandé le nom de Pierre-Edouard Fournier, chercheur déjà intégré depuis longtemps à l'IHU, mais ce choix a été critiqué, en interne comme en externe, comme ne marquant pas une rupture suffisante.

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