Record de vitesse de rotation de la Terre : "On pourrait être amené à retirer une seconde. Cela n’est jamais arrivé"

Le mercredi 29 juin 2022, la Terre a battu son record de vitesse de rotation.

Record de vitesse de rotation de la Terre : "On pourrait être amené à retirer une seconde. Cela n’est jamais arrivé"
©Shutterstock

Ce record se traduit par celui du jour le plus court. En effet, de cette vitesse de rotation a résulté une avance de 1,59 milliseconde sur les 24 heures « classiques » que prend la Terre pour effectuer un tour complet. Comme l'expliquait le site anglais Time and Date, il s'agit du "dernier d'une série de records de vitesse depuis 2020".

Cette situation n'a pour autant rien d'inquiétant. En effet, comme l'expliquait Christian Bizouard, astronome du Service national de la rotation de la Terre au journal Ouest-France, "depuis 2016, on s'aperçoit que la vitesse de rotation de la Terre s'accélère, et donc la durée du jour diminue". Avant cela, "depuis 1930, raconte l'astronome,on observait une baisse de la vitesse de rotation de la Terreet donc une augmentation de la durée du jour. Cette tendance s'est inversée depuis sept ans sans qu'on puisse l'expliquer".

Ainsi, avant 2016, les jours s'allongeaient d'environ 1/74.000e de seconde par an. Si on remonte loin dans le temps, cela signifie que, il y a 1,4 milliard d'années, une journée durait près de 18 heures. Un changement conséquent !

C’est pourquoi l’Union internationale des télécommunications doit, depuis 1972, "arrêter le temps" en rajoutant des secondes à l’horloge mondiale de manière périodique. Il y en a eu 28 jusqu’à présent mais cela s’est ainsi arrêté en 2016, puisque les journées raccourcissent depuis.

Les causes possibles

Selon Christian Bizouard, "sur un ou deux ans, il est notamment établi que la vitesse varie de manière saisonnière et plusieurs phénomènes entrent en jeu. 80 % des variations de la vitesse de la Terre sont liées au transport de masse dans l'atmosphère, autrement dit les vents". Il y aurait donc bien des facteurs météorologiques qui influenceraient la vitesse de la Terre.

Mais ce n'est pas la seule cause : les marées qui "ont pour effet de déformer les océans mais aussi la Terre", peuvent être aussi mentionnées. "Ce phénomène est suffisamment fort pour produire 10 à 20 % des variations de la durée de rotation", développe l'astronome. La force des marées étant exercées par la Lune, cette dernière est donc aussi responsable. À travers l'intensité des marées, elle déforme la croûte terrestre, ce qui cause ainsi le ralentissement de la rotation terrestre.

La croûte terrestre joue également un rôle grâce au noyau en fusion qui s’y cache. Celui-ci, à travers la circulation de la chaleur, est responsable du niveau des océans, du déplacement des continents ainsi que de la fonte des glaciers, divers phénomènes qui jouent eux aussi sur la vitesse de rotation.

Cependant, on ne peut assurer sa responsabilité avec certitude, comme l'explique l'astronome qui pense que la fluctuation est "dûe aux mouvements internes dans la Terre, le magma en fusion sous le manteau. Mais nous ne disposons d'aucune observation du noyau dur, comme celles réalisées dans l'atmosphère, qui validerait ces hypothèses".
Avec eux se trouvent divers phénomènes comme El Niño, ainsi que des catastrophes climatiques, comme le séisme de 2004 duquel a résulté le tsunami de Sumatra.

On ne connaît pas l'implication du réchauffement climatique : "Aujourd'hui, on met tout sur le dos du changement climatique, explique le scientifique. Est-ce que la Terre tourne plus vite sous son effet ? On n'en sait rien. Affirmer cela est de la pure spéculation".

Conséquences

Les répercussions de ce ralentissement se ressentiraient évidemment sur l'horloge mondiale : "Pour la première fois, si la Terre continue d'accélérer, on pourrait être amené à retirer une seconde. Cela n'est jamais arrivé", déclare Christian Bizouard.

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