"Plus facile de trouver un transat quand on est blanc": les plages privées de Côte d'Azur accusées de discrimination

Des militants de SOS-Racisme ont mis en lumière les discriminations observées sur les plages privées de Côte d'Azur.

La Rédaction
La station balnéaire huppée de Juan-Les-Pins, à Antibes, le 30 juillet 2022.
La station balnéaire huppée de Juan-Les-Pins, à Antibes, le 30 juillet 2022. ©AFP

Sur les plages branchées de la Côte d'Azur, le soleil brille, la mer est calme, l'été bat son plein. Si l'heure est à la détente et à la déconnexion, il n'en reste pas moins que certains problèmes sociétaux restent bel et bien prégnants. A commencer par le racisme.

Fin juillet, l'organisation SOS-Racisme a passé au crible les plages privées de la station balnéaire française de Juan-les-Pins (Antibes), afin d'objectiver les discriminations dont sont la cible les personnes racisées.

Trois couples - l'un composé de personnes noires, un autre de personnes maghrébines et le dernier de personnes blanches - se sont prêtés au jeu. A tour de rôle, les couples ont feint de vouloir réserver des transats sur les plages. Le constat est sans appel: pour les deux couples racisés, la demande aboutissait presque systématiquement à un refus, les tenanciers assurant être "complets", alors que quelques minutes plus tard, le couple blanc se présentait et obtenait directement une réponse favorable.

Le média Loopsider a suivi les militants de SOS-Racisme dans leur exercice en caméra cachée, et a ensuite attesté de la situation dans une vidéo publiée sur Twitter. La séquence, qui comptabilise plus de 1.8 millions de vues à l'heure d'écrire ces lignes, a suscité de vives réactions sur la toile. Plusieurs politiciens français issus du centre ou de la gauche se sont emparés du sujet et ont condamné vigoureusement ces pratiques.

"Il y a la réalité insupportable du racisme et des discriminations. Et il y a le fait qu'il faille encore aujourd'hui apporter la preuve de ce racisme structurel dans notre société, que certains s'obstinent toujours à nier. Nous ne cesserons jamais de lutter pour l'égalité", a commenté le député de La France Insoumise Bastien Lachaud.

"Le scandale des discriminations, c'est aussi ça. Et c'est insupportable", a pour sa part dénoncé Olivier Klein, ministre délégué chargé de la Ville et du Logement dans le gouvernement Borne.

"Voilà pourquoi le littoral, l'accès à la mer et la plage doivent rester un bien commun", a réagi la députée et figure de proue d'EELV Sandrine Rousseau.

SOS-Racisme a promis d'engager une procédure judiciaire pour tenter de faire condamner les plages privées

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