Annexion illégale de territoires ukrainiens: nouvelles sanctions américaines et réprobation européenne

Les États-Unis ont annoncé vendredi imposer de nouvelles et "sévères" sanctions contre la Russie condamnant les annexions "frauduleuses" de territoires en Ukraine, tandis que les dirigeants des pays de l'Union européenne ont condamné cette "annexion illégale", accusant Moscou de mettre "la sécurité mondiale en danger".

"Les États-Unis condamnent aujourd'hui la tentative frauduleuse par la Russie d'annexer des parties de territoires en Ukraine", a affirmé le président américain Joe Biden dans un communiqué, parlant d'une "violation du droit international qui piétine la charte des Nations unies".

Le président américain assure encore que les États-Unis "continueront à appuyer les efforts de l'Ukraine pour regagner le contrôle de son territoire".

Le président russe Vladimir Poutine a signé vendredi l'annexion de quatre territoires ukrainiens sous contrôle de Moscou, lors d'une cérémonie au Kremlin au cours de laquelle il a fustigé les Occidentaux et appelé Kiev à déposer les armes.

Dans une sévère mise en garde, les États-Unis ont également averti qu'ils sanctionneraient en accord avec les pays du G7 "tout pays, individu ou entité" qui fournirait un soutien politique ou économique aux tentatives de la Russie de s'emparer "illégalement" de territoires en Ukraine.

"Nous émettons également un clair avertissement soutenu par les dirigeants du G7: nous exigerons des comptes à tout individu, entité ou pays qui fournit un soutien politique ou économique aux tentatives illégales de la Russie de changer le statut de territoires en Ukraine", a affirmé le secrétaire d'État américain Antony Blinken dans un communiqué séparé.

Les nouvelles sanctions annoncées vendredi, qui s'ajoutent à une série déjà importante de sanctions visant tous les secteurs en Russie, visent principalement des responsables russes et l'industrie de la défense, selon des communiqués de la Maison Blanche, du département d'État et du Trésor américain.

Les dirigeants des pays de l'UE ont quant à eux publié vendredi une déclaration "rejetant" et "condamnant" cette "annexion illégale", accusant Moscou de mettre "la sécurité mondiale en danger".

"Nous ne reconnaissons pas et ne reconnaîtrons jamais les 'référendums' illégaux que la Russie a organisés comme prétexte pour cette nouvelle violation de l'indépendance, de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine, ni leurs résultats falsifiés et illégaux. Nous ne reconnaîtrons jamais cette annexion illégale", affirment-ils.

"Ces décisions sont nulles et non avenues (...) La Crimée, Kherson, Zaporijjia, Donetsk et Lougansk sont l'Ukraine", ajoutent les 27. "Nous appelons tous les États et organisations internationales à rejeter sans équivoque cette annexion illégale", poursuivent-ils.

"En sapant délibérément l'ordre international fondé sur des règles et en violant de manière flagrante les droits fondamentaux de l'Ukraine à l'indépendance, à la souveraineté et à l'intégrité territoriale (...) la Russie met la sécurité mondiale en danger", accusent-ils.

Les dirigeants du Conseil de l'Europe, organisation garante des droits de l'Homme sur le continent à laquelle la Russie n'appartient plus, ont eux aussi condamné "l'annexion illégale des territoires occupés en Ukraine" par Moscou.

"Le changement forcé des frontières internationales aux dépens d'un autre État souverain, et les soi-disant 'référendums' qui l'ont précédé constituent une grave violation du droit international et ne peuvent être reconnus", écrivent-ils.

La Commission européenne a invité dans la foulée les États membres à être plus restrictifs dans l'octroi des visas aux Russes et dans les contrôles aux frontières, au moment où des milliers d'entre eux fuient la mobilisation.

"Avoir un visa valide ne suffira plus pour entrer dans l'UE. Les garde-frontières devront effectuer des contrôles de sécurité supplémentaires", a annoncé vendredi la commissaire aux Affaires intérieures Ylva Johansson.

Elle a précisé que ces nouvelles orientations pour une approche plus ferme avaient été demandées par les États membres.

"Elles portent uniquement sur les visas de courte durée et les contrôles aux frontières, pas sur l'asile. Le droit d'asile est un droit fondamental", a ajouté la commissaire suédoise depuis Stockholm, lors d'une conférence de presse en ligne.

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