De plus en plus de Russes craignent d’être jugés pour crimes de guerre : “Je crache sur ce que pense la Cour pénale de La Haye”

La patronne de Russia Today a révélé les craintes des dirigeants russes à la télévision.

Le président russe Vladimir Poutine remet l’“Ordre d’Alexandre Nevski” à la rédactrice en chef de RT, Margarita Simonyan, lors d’une cérémonie au Kremlin à Moscou, le 23 mai 2019.
Margarita Simonyan a été décorée par Vladimir Poutine en 2019. ©AFP

Lors du talk-show de Vladimir Soloviev, sur la chaîne d’État russe Russia-1, Margarita Simonyan, cheffe d’une autre télévision d’État, a fait des révélations sur les craintes de certains dirigeants russes.

Elle évoquait aussi les bombardements russes en Ukraine. “Ils (NdlR : en parlant des Ukrainiens) s’apprêtent à prendre notre Crimée. Alors, nous faisons la seule chose que nous puissions faire dans cette situation : les bombarder. Nous bombardons leur infrastructure. Une infrastructure qui les aide à combattre et à tuer notre peuple dans des zones qui sont maintenant les nôtres. La Russie ne bombarde pas pour le plaisir. Dieu sait que nous ne voulions pas cela. Personne ne voulait ça. Et je sais que notre gouvernement ne voulait pas ça non plus”, confie-t-elle.

Par la suite, la patronne de télévision révélait que certaines personnes des hautes sphères russes du pouvoir craignaient de plus en plus que la Russie perde la guerre et qu’elles soient jugées pour crime de guerre devant la Cour pénale internationale de La Haye.

Elle n’appréciait pas ces propos. “Malheureusement je connais beaucoup de gens qui pensent cela. Y compris des gens des plus hautes sphères. Ils ont peur et n’osent pas dire clairement les choses de peur de ce que les gens pourraient penser là-bas (NdlR : à Cour pénale internationale de La Haye). Je crache sur ce qu’ils pensent là-bas. Les gens qui ont peur de La Haye devraient plutôt avoir peur de perdre la guerre, d’être humiliés et de trahir leur peuple. Si nous perdons, La Haye s’en prendra même à un balayeur qui balaie les pavés derrière le Kremlin. Ce serait un désastre qui s’abattrait sur notre pays. Ce n’est pas envisageable. Nous ne devons pas perdre la guerre", commentait-elle.

Avant de conclure de façon menaçante: "Il n'y aura plus de tribunal à La Haye si nous perdons. Il n'y aura plus rien. Le monde sera réduit en cendres".

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