Coronavirus: les variants circulant en Chine "ne constituent pas un défi" pour l'UE, assure l'ECDC

Les niveaux d'immunisation et de vaccination des Européens constitueraient une barrière suffisante.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a confirmé, dans un avis publié mardi, que les variants du coronavirus présents en Chine circulent déjà dans l'UE et ne constituent donc "pas un défi" pour la réponse immunitaire des citoyens de l'UE ou de l'Espace économique européen (EEE).

"En outre, les citoyens de l'UE/EEE ont des niveaux d'immunisation et de vaccination relativement élevés", répète l'ECDC, peu avant une réunion, programmée à 14h, des experts Santé des États membres et de la Commission européenne, au sein du Comité de sécurité sanitaire, et à la veille d'une réunion de l'organe de crise (IPCR) de l'UE.

"Le nombre de cas de Covid-19 a atteint un niveau record en Chine continentale, avec un pic le 2 décembre dernier. Au cours des trois dernières semaines, l'incidence a diminué, probablement aussi en raison d'un nombre plus faible de tests effectués, ce qui a généré moins de détections d'infections. On manque toujours de données fiables sur les cas en Chine de Covid-19, les admissions dans les hôpitaux, les décès ainsi que sur la capacité et l'occupation des unités de soins intensifs (USI). On s'attend à des niveaux élevés d'infections par le SARS-CoV-2 et à une pression accrue sur les services de santé en Chine dans les semaines à venir, en raison de la faible immunité de la population et du relâchement des interventions non pharmaceutiques", selon cet avis de l'ECDC.

Toutefois, "étant donné l'immunité plus élevée de la population dans l'UE/EEE, ainsi que l'émergence antérieure et le remplacement ultérieur des variants circulant actuellement en Chine par d'autres sous-lignées Omicron dans l'UE/EEE, une recrudescence des cas en Chine ne devrait pas avoir d'impact sur la situation épidémiologique du Covid-19 dans l'UE/EEE", selon l'agence.

La semaine dernière déjà, l'ECDC avait jugé "injustifiée" l'imposition de mesures de dépistage et des restrictions d'entrée dans l'UE pour les voyageurs en provenance de Chine.

Plus d'une douzaine de pays ont imposé ces derniers jours des tests Covid aux passagers en provenance de Chine, s'inquiétant du manque de transparence sur les chiffres des infections et redoutant l'apparition de nouveaux variants.

Pékin a condamné ce mardi ces décisions, dénuées de base scientifique selon le régime communiste qui menace de "prendre des contre-mesures". A partir de dimanche, Pékin n'imposera plus de quarantaine aux personnes arrivant de l'étranger, mais continue de demander un test PCR négatif aux voyageurs. La Chine elle-même ne délivre d'ailleurs plus de visas de tourisme depuis bientôt trois ans.

L'UE n'a pas encore trouvé de réponse coordonnée à cet égard. Suivant des recommandations européennes, la Belgique a décidé lundi que les eaux usées des avions atterrissant à Brussels Airport en provenance de Chine (deux par semaine) seront analysées par séquençage génomique, à la recherche d'éventuels nouveaux variants. Autre mesure: les voyageurs rentrant de Chine et ressentant des symptômes de type Covid devront se soumettre à un test PCR ou antigène, pour analyse par séquençage génomique.

Quant à une obligation de test Covid, elle n'aurait pas beaucoup de sens à l'entrée sur le territoire, vu la taille du pays et le peu de vols directs, selon le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke. Réclamer un test au départ de Chine vers l'Europe n'aurait de sens que si l'Europe se coordonne, avec une réintroduction du Passenger Locator Form (PLF) pour permettre un suivi des personnes venant de Chine, selon lui.

La Commission européenne s'est dite prête, mardi, à assurer le suivi des réunions de ces mardi et mercredi. Elle rappelle aussi avoir proposé de longue date à Pékin une expertise en santé publique et des dons de vaccins, et dit avoir réitéré cette offre dernièrement, sans réponse à ce jour.

Alors que la fiabilité des données venant de Chine reste peu vérifiable, la Commission confirme qu'il ne lui est "pas possible de se prononcer sur la qualité" de ces données. Elle dit compter sur l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour s'impliquer sur cette problématique. "Les décisions doivent être basées sur la science, nous insistons sur l'importance de se baser sur des données solides, objectives et sur la durée, et que tous les pays le fassent", selon une porte-parole de l'exécutif européen.

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