Guerre en Ukraine : les Russes impuissants face à la défense ukrainienne à Bahkmout, le patron de Wagner explique les raisons de l’échec de l’offensive

Evgueni Prigojine avoue l’impuissance de ses troupes, qui se heurtent à une forte défense ukrainienne dans la ville de Bakhmout.

Smoke billows after Russian attacks in the outskirts of Bakhmut, Ukraine, Tuesday, Dec. 27, 2022. (AP Photo/Libkos)
Smoke billows after Russian attacks in the outskirts of Bakhmut, Ukraine, Tuesday, Dec. 27, 2022. (AP Photo/Libkos) ©Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.

Depuis le mois de mai, la Russie tente, en vain, de s’emparer de la ville de Bakhmout, dans l’est de l’Ukraine. Les Ukrainiens résistent coûte que coûte faisant de la ville, pierre angulaire du front est, une forteresse, jusqu’ici imprenable par les troupes russes. À leur côté, les combattant tchétchènes de Ramzan Kadyrovmercenaires et les mercenaires de Wagner ont aussi échoué dans l’offensive.

Dans un entretien filmé fin décembre pour l’agence de presse russe RIA Novosti, le chef de la milice Wagner, Evgueni Prigojine, explique pourquoi ses troupes ne parviennent pas à s’emparer de Bakhmout.

”Tout le monde pose la question : quand prendrez-vous Bakhmout ?”, commence-t-il, avant de détailler la stratégie de ses soldats, qui consiste à avancer une maison après l’autre, étant donné les conséquentes lignes de défense ukrainiennes. “Chaque maison est une forteresse, dès fois cela prend des semaines pour prendre une seule maison”, explique-t-il.

”Aujourd’hui, dans la matinée, nous avons pris une maison et percé les défenses ukrainiennes. Et derrière cette maison, il y a encore une nouvelle défense, et pas qu’une seule”, indique-t-il devant ses combattants. “Combien y a-t-il de telles lignes de défense à Artyomovsk (nom russe pour Bakhmout ndlr) ? Si nous disons 500, nous ne nous tromperons probablement pas. Il y a une ligne de défense tous les 10 mètres”, assure Prigojine.

Ce à quoi les mercenaires de Wagner se plaignent de manquer de véhicules et de munitions pour avancer plus rapidement.

Ce mardi, les services de renseignement britanniques estimaient que l’armée russe et Wagner avaient “augmenté la fréquence de leurs assauts d’infanterie autour de la ville de Bakhmout dans l’oblast de Donetsk à la mi-décembre, mais ceux-ci ont été mal soutenus” De plus, l’armée ukrainienne “a engagé des renforts importants” pour défendre la zone depuis la mi-décembre. “Il est peu probable que la Russie réalise une percée significative près de Bakhmout dans les semaines à venir”, concluait le ministère de la défense du Royaume-Uni.

La progression est difficile tant dans un camp que dans l’autre, si bien que la situation est bloquée dans Bahkmout, presque entièrement détruite. La Russie et l’Ukraine ont autant de combattants dans cette zone. Mais la tactique de défense par le feu des Ukrainiens est bien solide, malgré les bombardements russes. “La défense est trop supérieure à l’attaque et le feu d’arrêt est très efficace”, précise l’historien militaire Cédric Mas au Figaro.

Pourtant, ce dernier avance que la prise de la ville n’est pourtant pas essentielle pour la Russie. “C’est un coup marketing pour le Kremlin qui voudrait s’offrir une victoire. La possession de Bakhmout ruinée par des mois de pilonnage n’apportera rien de décisif car les Russes se heurteront à des hauteurs et à des nouvelles lignes de défense ukrainienne en direction de Kramatorsk”, assure Cédric Mas.

Malgré le gel des positions des troupes, les combats restent intenses à Bahkmout, à feu et à sang, où une cinquantaine de soldats russes auraient été tués il y a deux semaines.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be