Guerre en Ukraine: l'Allemagne pointée du doigt pour ne pas vouloir livrer des chars lourds à Kiev, "une indécision qui tue encore plus"

Pas de chars allemands, français ou américains en Ukraine : telle est la conclusion de la réunion qui s’est tenue vendredi à Ramstein en Allemagne.

<p>Un char ukrainien tire contre des positions russes dans la région de Lougansk, dans l'est de l'Ukraine, le 12 janvier 2023</p>
<p>Un char ukrainien tire contre des positions russes dans la région de Lougansk, dans l'est de l'Ukraine, le 12 janvier 2023</p> ©AFP

L'Allemagne était samedi pointée du doigt par d'autres alliés européens de Kiev après avoir pris la décision de ne pas livrer ses chars lourds à l'Ukraine à ce stade, une position également déplorée par Volodymyr Zelensky, au moment où les Russes sont à l'offensive.

L'Ukraine a déploré "l'indécision générale" de ses alliés occidentaux, une décision "qui tue encore plus nos concitoyens", selon un conseiller de la présidence ukrainienne. "L'indécision de ces jours tue encore plus de nos concitoyens", a regretté Mykhaïlo Podoliak sur Twitter, appelant les alliés de Kiev à "penser plus vite". "Vous aiderez l'Ukraine avec les armes nécessaires de toute façon et réaliserez qu'il n'y a pas d'autre option pour mettre fin à la guerre", a-t-il plaidé.

Dans une rare critique publique, les ministres des Affaires étrangères des pays baltes ont exhorté samedi matin Berlin "à fournir dès maintenant des chars Leopard à l'Ukraine", plaidant "la responsabilité particulière" de l'Allemagne, "première puissance européenne".

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait, lui, regretté vendredi soir la position prudente de l'Allemagne, se disant convaincu qu'"il n'y a pas d'autre solution" pour ses alliés occidentaux que de livrer des chars à son armée.

<p>Le Leopard 2A4</p>
<p>Le Leopard 2A4</p> ©AFP

Les critiques directes envers Berlin sont également venues d'un sénateur républicain américain, Lindsey Graham, à l'issue d'une visite à Kiev vendredi. "J'en ai assez du 'show merdique' autour de qui va envoyer des chars et quand", a-t-il fustigé sur Twitter. "Aux Allemands : envoyez des chars en Ukraine car ils en ont besoin. (...) À l'administration Biden : envoyez des chars américains pour que d'autres suivent notre exemple".

À Ramstein en Allemagne, la cinquantaine de pays représentés ne se sont pas entendus vendredi sur l'envoi de chars lourds à Kiev, malgré les demandes répétées de Kiev.

Cité par La Voix de l'Amérique, le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiï Reznikov, a toutefois indiqué que des soldats ukrainiens allaient s'entraîner prochainement sur des Leopard en Pologne: "On va commencer avec ça, et on verra pour la suite", a-t-il déclaré.

Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a pour sa part temporisé, soulignant qu'il y avait toujours "une fenêtre d'opportunité entre maintenant et le printemps" pour livrer des chars occidentaux.

Selon la Russie, l'envoi de tels engins ne changeraient rien sur le terrain, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov accusant les Occidentaux d'entretenir de fait l'"illusion" d'une possible victoire ukrainienne.

Mais pour nombre d'experts toutefois, des chars lourds modernes seraient un réel avantage pour Kiev dans les batailles dans l'Est de l'Ukraine, où la Russie reprend l'offensive après avoir subi de lourds revers à l'automne.

Hommage

A Kiev, Volodymyr Zelensky et Olena Zelenska, ainsi que de nombreux dirigeants ukrainiens rendaient samedi matin un dernier hommage au ministre de l'Intérieur, Denys Monastyrsky, décédé mercredi dans un crash d'hélicoptère avec 13 autres personnes.

Le président et sa femme étaient vêtus de noir et ont apporté des fleurs, a constaté un journaliste de l'AFP. A l'intérieur du bâtiment où avait lieu la cérémonie, situé tout proche de la place Maïdan dans le coeur de Kiev, sept cercueils ont été amenés, portés par des hommes habillés en tenue militaire. Le drapeau bleu et jaune ukrainien était disposé sur chaque cercueil, et les portraits des victimes en noir et blanc à côté.

Dans l'assistance, des membres des familles des victimes se tenaient côte à côte, certains en larmes. "Gloire à nos héros", ont lancé en coeur les personnes présentes, à l'issue du discours d'un modérateur.

A l'extérieur, les drapeaux ukrainien et européen étaient en berne. Une forte présence policière était visible tout autour du bâtiment.

Les funérailles de M. Monastyrsky doivent se tenir plus tard samedi dans un cimetière historique du centre-ville de la capitale ukrainienne.

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