Ce serait la somme en jeu pour mettre fin au calvaire des infirmières bulgares en Libye

TRIPOLI Les familles des 400 enfants libyens contaminés par le sida vont toucher quelque 400 millions de dollars afin de permettre un accord sur le sort des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien condamnés à morts, affirme samedi Le Figaro , selon lequel la Bulgarie contribuerait au versement de ces indemnités.

"Le compromis financier négocié par la fondation Kadhafi porterait, selon nos informations, sur un montant d'environ 1 million de dollars par famille de victimes, soit un total de 400 millions de dollars", écrit le quotidien, sans citer ses sources.

Le journal cite également Seif al-Islam Kadhafi, le fils du colonel Moammar Kadhafi, selon lequel "les indemnités sont financées par des contributions internationales sous forme de remises de dettes". "Les pays concernés sont la Bulgarie, la Slovaquie ainsi que la Croatie et la République tchèque", précise Seif al-Islam Kadhafi, qui dirige la fondation Kadhafi chargée de superviser les négociations.

Cet accord ouvre la voie à un allégement de la peine des six soignants, aujourd'hui tous de nationalité bulgare, condamnés à mort. Leur condamnation pourrait être commuée lundi en peine de prison par le Conseil juridique suprême de Libye, dirigé par le ministre de la Justice.

La Bulgarie a toujours dit qu'elle ne verserait aucune indemnité directement aux familles, ce qui signifierait une reconnaissance de la culpabilité des soignants. Les infirmières et le médecin ont été condamnés à la peine capitale pour avoir inoculé le virus du Sida à 400 enfants libyens (dont 50 sont morts) alors qu'ils travaillaient à l'hôpital de Benghazi. Ils nient les faits et des experts attribuent les transmissions aux règles d'hygiène défaillances qui régnaient dans l'établissement.

Idriss Lagha, qui dirige l'Association des familles infectées par le VIH-Sida, a confirmé à l'Associated Press que "l'accord final attend (ait) que des mesures soient prises, notamment le transfert de l'argent au Benghazi International Fund", un fonds créé en 2005 à cette fin. Mais de hauts responsables de Bulgarie et d'autres pays ont nié être sur le point de verser de l'argent aux familles.

Le dossier des infirmières "n'est pas bouclé. Il est prématuré de parler d'indemnisation", a déclaré la porte-parole du ministère tchèque des Affaires étrangères. Ni le ministère tchèque des Finances, ni la Banque nationale slovaque, ni le ministère bulgare des Affaires étrangères n'ont fait de commentaire, mais le chef de la diplomatie bulgare, Ivailo Kalfin, a réaffirmé vendredi que son pays ne paierait pas.



© La Dernière Heure 2007