Deux tiers d'entre eux se sont manifestés après l'opération d'évacuation menée au mois d'août. Parmi ces personnes, 238 sont Belges ou membres de la famille nucléaire d'un Belge, 45 ont travaillé pour la Belgique, 63 entrent en ligne de compte parce qu'elles ont, par exemple, oeuvré pour la défense des droits humains dans ce pays, et 96 ont une autorisation de séjour en Belgique.

Il ne s'agit pas de chiffres définitifs, a assuré la ministre car une série de gens sont injoignables, certains ont peut-être quitté l'Afghanistan et rejoint la Belgique sans en avertir les autorités, d'autres ne veulent pas rentrer en laissant derrière eux une partie de la famille et essaient de régler la situation administrative de celle-ci, et d'autres encore tentent d'obtenir un visa. L'on compte par ailleurs 126 personnes se trouvant au Pakistan voisin et qui finalisent leur situation administrative avant de pouvoir rentrer en Belgique.

Comme d'autres ressortissants étrangers, 45 Belges et membres de leur famille nucléaire ont pu rentrer via l'un des vols affrétés par le Qatar en septembre et un en août.

Un Belge blessé à Kaboul alors que les opérations internationales d'évacuation étaient en cours s'y trouve toujours en compagnie de sa famille et bénéficie d'un suivi médical. Un autre blessé a pu poursuivre son voyage et rentrer en Belgique.

La Belgique n'a pas transmis de liste de personnes susceptibles d'être rapatriées aux Talibans et ne compte pas le faire. "Ce n'est pas comme ça que l'on fonctionne", a souligné Mme Wilmès.

La Belgique reste en contact avec ses partenaires européens. Le rétablissement de vols commerciaux avec l'Afghanistan devrait permettre de favoriser le retour de Belges et ayant-droits... mais aussi de nouveaux départs vers ce pays malgré les avis de voyage négatifs.

L'établissement de relations avec le nouveau pouvoir islamiste est toujours en discussion à l'échelle internationale. Il dépendra de toute une série de conditions permettant d'évaluer de possibles relations politiques et leur niveau: situation des droits humains, représentativité du nouveau gouvernement, présence de groupes terroristes, accès de l'aide humanitaire, etc.

Un projet de création de plateforme européenne avec d'autres pays de la région est en gestation. Il était question d'organiser une réunion dans ce sens à New York, en marge de l'assemblée générale des Nations unies, mais elle n'a finalement pas eu lieu.

Les discussions internationales qui ont eu lieu à Doha associant les Talibans, notamment avec les Américains, ont donné au Quatar une importance particulière dans les relations des pays occidentaux avec le régime islamiste. "Est-ce que ça fait du Qatar le partenaire privilégié pour discuter avec les Talibans? Je n'aurais pas comme approche de limiter les points d'entrée", a expliqué la ministre.

Il faudra tenir compte d'autres pays, notamment de la Chine qui partage une frontière avec l'Afghanistan. "L'Afghanistan est entouré de différents pays, dont le Pakistan qui nous a beaucoup aidés dans l'évacuation. Il y a aussi la Chine avec qui on ne partage pas tous nos objectifs politiques. C'est un pays important dans la région avec lequel il faudra prendre langue pour évaluer comment la situation doit être gérée. L'erreur serait de croire que l'Union européenne va travailler de manière isolée. Il faudra beaucoup de coordination", a encore dit Mme Wilmès.